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	<title>Vivre en Comminges</title>
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	<description>Vivre en Comminges c'est une association, une &#233;mission de radio, une biblioth&#232;que et un site web d'information sur le Comminges. Menace sur l'environnement et la nature dans le Comminges Initiatives commingeoises respectueuses de l'homme et de l'environnement. Agenda Petites annonces</description>
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		<title>Vivre en Comminges</title>
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		<title>[Chronique radio] De la lutte zapatiste aux gilets jaunes : la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;sistance internationale</title>
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&lt;p&gt;Depuis le 17 novembre, d&#233;but du mouvement des gilets jaunes, on compte plus de 1.800 bless&#233;s parmi les manifestants dont une centaine de bless&#233;s graves par les armes de la police, plusieurs ont eu la main ou le pied arrach&#233;, et au moins 23 ont perdu un &#339;il. La violence polici&#232;re ne peut plus &#234;tre ni&#233;e, et pour ceux qui doutent encore rappelons le d&#233;c&#232;s de Zineb Redouane, une octog&#233;naire victime d'un tir tendu de lacrymog&#232;ne &#224; Marseille, morte dans l'indiff&#233;rence. Souvenons-nous aussi de ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2899 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH289/gilets_jaunes-0c97a.png?1694827189' width='500' height='289' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 17 novembre, d&#233;but du mouvement des gilets jaunes, on compte plus de 1.800 bless&#233;s parmi les manifestants dont une centaine de bless&#233;s graves par les armes de la police, plusieurs ont eu la main ou le pied arrach&#233;, et au moins 23 ont perdu un &#339;il. La violence polici&#232;re ne peut plus &#234;tre ni&#233;e, et pour ceux qui doutent encore rappelons le d&#233;c&#232;s de Zineb Redouane, une octog&#233;naire victime d'un tir tendu de lacrymog&#232;ne &#224; Marseille, morte dans l'indiff&#233;rence. Souvenons-nous aussi de ces autres morts qui ont pr&#233;c&#233;d&#233;s la violence de ces derniers mois : les centaines d'Alg&#233;riens en 1961, les communistes du m&#233;tro Charonne un an plus tard, les manifestants de mai-juin 1968, Vital Michalon en 1977 &#224; Super-Ph&#233;nix, Malik Oussekine en 1986, R&#233;mi Fraisse en 2014&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le bras arm&#233; de l'&#201;tat nous rappelle, d&#232;s que nous d&#233;sob&#233;issons, que les gouvernements modernes ne sont et ne seront jamais des D&#233;mocraties. Comme le souligne Francis Dupuis-D&#233;ri dans son ouvrage &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=1wF5FMUtHDM&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;em class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;mocratie, Histoire politique d'un mot aux &#201;tats-Unis et en France&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; : &#171; Si le droit de voter et d'&#234;tre &#233;lu s'est &#233;largi pour les hommes, au point o&#249; l'on parle de suffrage &#171; universel &#187;, ces &#233;lecteurs n'ont pas plus qu'avant le droit de participer directement &#224; l'&#233;laboration des lois et le pouvoir est toujours entre les mains de quelques centaines de politiciens &#233;lus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La D&#233;mocratie, gouvernement du peuple par le peuple, a pourtant &#233;t&#233; pratiqu&#233;e pendant des mill&#233;naires et existe encore chez de nombreux peuples indig&#232;nes actuels. Pour qu'elle redevienne effective dans nos soci&#233;t&#233;s modernes, il nous faut prendre en compte le fait qu'&#224; partir d'un certain degr&#233; de d&#233;veloppement urbain, les d&#233;mocraties adoptent l'esprit et la forme des aristocraties. Pour que la d&#233;mocratie demeure possible, &#171; les &#233;carts sociaux doivent respecter certaines limites, et le monde environnant demeurer &#224; la mesure de la personne humaine &#8211; deux conditions an&#233;anties quand la circulation de l'&#233;nergie devient trop intense. Ind&#233;pendamment m&#234;me des dommages caus&#233;s &#224; la nature il existe un seuil au-del&#224; duquel la quantit&#233; d'&#233;nergie consomm&#233;e se met &#224; corrompre le milieu social et &#224; le d&#233;sint&#233;grer. &#187; (Une question de taille, Olivier Rey)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2900 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH332/sable_bitumineux-e03b5.jpg?1694827189' width='500' height='332' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Les injustices sociales sont intrins&#232;quement li&#233;es &#224; la destruction du vivant. Elles sont le r&#233;sultat d'une culture &#233;conomique, technique et sociale n&#233;e de la civilisation, de l'expansion urbaine qui se fait toujours au d&#233;triment des villages et de la nature sauvage, et qui n&#233;cessite une centralisation du pouvoir, un &#201;tat dynastique, monarchiste ou r&#233;publicain, pour exploiter une main d'&#339;uvre bon march&#233; et toujours croissante, au profit d'une minorit&#233; aristocratique dont le pouvoir ne peut se maintenir sans un bras arm&#233; et la soumission, plus ou moins volontaire, du plus grand nombre. La plupart des sujets des &#201;tats classiques tels que l'&#201;gypte, la Gr&#232;ce et Rome, tout autant que des premiers &#201;tats khmers, tha&#239;s et birmans, &#233;taient statutairement non libres. L'histoire qu'on nous enseigne &#224; l'&#233;cole est &#233;taticocentr&#233;e, elle s'int&#233;resse bien plus aux &#201;tats qu'aux populations, et, afin de justifier expansion, colonisation et destruction des territoires et des peuples, elle a oppos&#233; civilis&#233; et sauvage, civilis&#233; et barbare, civilis&#233; et primitif. Elle a &#233;labor&#233; des strat&#233;gies pour nous convaincre que vivre hors des &#201;tats &#233;taient dangereux et que la protection qu'elle nous promet est indispensable &#224; notre salut physique et moral. Pourtant, la civilisation, d&#233;pendante de l'&#201;tat et du capitalisme, n'est ni soutenable, ni in&#233;vitable, ni in&#233;luctable. Depuis que la ville et son mode de fonctionnement, l'&#201;tat, existent de nombreux peuples ont su vivre en dehors d'elle et ont &#233;labor&#233; des strat&#233;gies sociales, &#233;conomiques et techniques pour que la forme &#233;tatique et urbaine ne s'impose pas &#224; eux. Ces peuples, qui luttent aujourd'hui contre l'expropriation et la destruction de leur monde, sont les vrais &#233;cologistes. N'oublions pas qu'&#224; l'heure actuelle, il existe des centaines de tribus, soit une dizaine de milliers de personnes, majoritairement des chasseurs-cueilleurs, vivant compl&#232;tement &#224; l'&#233;cart des civilisations modernes, en grande partie au c&#339;ur de l'Amazonie. La plupart sont les survivants ou les descendants des survivants d'actes g&#233;nocidaires commis dans le pass&#233;. C'est le cas des Cinta Larga, qui ont &#233;t&#233; victimes des entreprises br&#233;siliennes exploitant le caoutchouc entre les ann&#233;es 1920 et 1960. Ils refusent aujourd'hui tout contact avec le monde ext&#233;rieur tant les violences, les massacres et les &#233;pid&#233;mies, dont leur groupe a &#233;t&#233; victime, sont ancr&#233;s dans leur m&#233;moire collective. Ces micro-soci&#233;t&#233;s sont aussi menac&#233;es par les chercheurs d'or, les &#233;leveurs de b&#233;tail ou les exploitants de bois qui volent leurs terres. Sans oublier les missionnaires de toutes ob&#233;diences qui, comme John Allen Chau, ont cherch&#233; et cherchent encore &#224; les convertir, parfois de force. Menac&#233;s par l'industrie p&#233;troli&#232;re et les b&#251;cherons, les Mashco Piro sortent parfois de leur isolement volontaire pour rejoindre les communaut&#233;s indig&#232;nes voisines et exiger de la nourriture ou des objets m&#233;talliques, sous la menace de leurs arcs. Au Br&#233;sil, des peuples s&#233;dentaires vivent dans des maisons communes et cultivent manioc et papaye dans des clairi&#232;res. Ils pratiquent la p&#234;che, ainsi que la chasse avec des arcs pouvant mesurer jusqu'&#224; 4 m&#232;tres. Ces descendants des autochtones, r&#233;duits en esclavage lors de l'exploitation du caoutchouc au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, repoussent, avec leurs fl&#232;ches, quiconque tenterait de les approcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le capitalisme, syst&#232;me &#233;conomique intrins&#232;quement li&#233; &#224; la civilisation, est bas&#233; sur l'accumulation de richesses priv&#233;es, la destruction des communs, comme les for&#234;ts et la rivi&#232;re, et ne b&#233;n&#233;ficie qu'&#224; 1% de la plan&#232;te. Il est incapable de satisfaire les besoins humains et exige une croissance ind&#233;finie sur une plan&#232;te finie. L'appauvrissement inexorable des mati&#232;res premi&#232;res entra&#238;ne une ru&#233;e vers les derni&#232;res zones encore prot&#233;g&#233;es. Il est aujourd'hui &#233;vident que l'humanit&#233; ne peut continuer longtemps encore &#224; solliciter des ressources naturelles en voie d'&#233;puisement. Face aux avertissements, les optimistes se rassurent en disant que ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'on pr&#233;dit la tourmente, que la terre en a vu d'autres. Eh bien non, elle n'a jamais rien vu qui ressemble de pr&#232;s ou de loin &#224; ce qui se produit actuellement. Il est vain de vouloir se tranquilliser avec des pr&#233;c&#233;dents, car il n'en existe pas. Les peuples indig&#232;nes n'ont pas rat&#233; le train de l'&#233;volution, ils ont tout simplement refus&#233; d'y monter parce que toute leur culture refuse de concevoir le monde, qu'ils vivent et qui les habite, comme une mati&#232;re morte bonne &#224; produire des objets inutiles et mortif&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un des exemples les plus concrets et les plus impressionnants de lutte de peuple autochtone est celui que nous offre les zapatistes. L'&#201;tat du Chiapas, dans le Sud du Mexique, d'une superficie de 75 634 km&#178;, comprend 1 million d'indiens sur une population de 4 500 000 hab. Les peuples indig&#232;nes, qui vivent au c&#339;ur de la destruction capitaliste, ont conscience de l'urgence de lutter activement contre ce syst&#232;me &#233;conomique, politique, technologique et sociale. Leur lutte doit &#234;tre une force d'inspiration pour tout ceux qui s'inqui&#232;tent de l'extermination du vivant et veulent y mettre fin. Le 1Er janvier 1994, les zapatistes lancent leur &#171; Ya Basta &#187;, premi&#232;re mobilisation massive qui se dresse contre l'h&#233;g&#233;monie capitaliste. C'est sous la forme d'une gu&#233;rilla que l'arm&#233;e zapatiste se soul&#232;ve, le m&#234;me jour qu'entre en vigueur l'ALENA, les accords de libre-&#233;change entre le Canada, les &#201;tats-Unis et le Mexique. Ce sont les paysans et les indig&#232;nes du Mexique d'en bas qui se soul&#232;vent contre le Mexique du Nord, le Mexique des &#233;lites. 12 jours de combat avec l'arm&#233;e f&#233;d&#233;rale qui seront arr&#234;t&#233; par un cess&#233; le feu &#224; la demande de la population mexicaine qui avait d&#233;ploy&#233; des manifestations massives dans le pays. Un processus de dialogue donnera le 16 f&#233;vrier 1996 les accords de Saint Andr&#233; : reconnaissance des droits et de la culture indienne au Mexique, autonomie des peuples indiens. Mais le gouvernement du Parti r&#233;volutionnaire institutionnel de Zedillo opte pour un syst&#232;me de crimes paramilitaires pour lutter contre les zapatistes ce qui conduira au massacre d'Acteal en 1997 et &#224; la rupture avec le gouvernement dans son ensemble y compris la partie de la gauche traditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En f&#233;vrier 2001, les zapatistes organisent &#171; la marche pour la dignit&#233; indig&#232;ne &#187;, l'EZLN quitte la for&#234;t Lacandone pour Mexico. Ils appellent tous les enfants de la terre &#224; se lib&#233;rer de la domination des logiques capitalistes, parce que la tourmente va s'aggraver, qu'elle ne s'arr&#234;tera pas d'elle-m&#234;me, et que nous devons nous y pr&#233;parer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2901 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L411xH308/zapatiste-45b05.jpg?1694819244' width='411' height='308' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ils mettent en place l'autonomie politique ind&#233;pendamment de toute reconnaissance l&#233;gale, et, le 21 d&#233;cembre 2012, des marches massives, civiles et pacifistes, sont organis&#233;es par l'EZLN. Ce sont 40 &#224; 50 000 zapatistes qui occupent cinq villes du Chiapas. Lors de la sixi&#232;me d&#233;claration de la for&#234;t de Lacandone, la Sexta, les zapatistes appellent &#224; cr&#233;er un r&#233;seau plan&#233;taire de r&#233;sistance et de lutte. Les zapatistes savent qu'on ne peut pas construire un monde post-capitaliste sans prendre en compte le fait qu'on est assi&#233;g&#233; et attaqu&#233; en permanence par le capitalisme. Ils ont une conscience des limites qu'ils ont pu construire jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ils d&#233;fendent une culture paysanne et luttent pour &#233;viter d'&#234;tre int&#233;gr&#233;s dans une agriculture commerciale, ils r&#233;sistent &#224; la monoculture, au projet minier, de barrage hydro&#233;lectrique, d'autoroutes, touristique, biocarburant, etc. Les attaques du capitalisme mondialis&#233; contre les territoires sont concr&#232;tes, et toutes les communaut&#233;s devraient mener, avec vigueur, une telle lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En F&#233;vrier 2019 les femmes zapatistes ont &#233;crit une lettre Aux femmes qui luttent dans le monde entier. La II* Rencontre Internationale des Femmes qui Luttent, pr&#233;vue sur les terres zapatistes en mars 2019 n'aura pas lieu, parce que le nouveau gouvernement est d&#233;cid&#233; &#224; mener &#224; bien ses projets miniers, son train maya, ses monocultures, en territoire zapatiste. &lt;a href=&#034;http://enlacezapatista.ezln.org.mx/2019/02/21/lettre-des-zapatistes-aux-femmes-qui-se-battent-dans-le-monde/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les femmes zapatistes nous &#233;crivent&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Ne cesse pas de lutter. Bien que ces maudits capitalistes et leurs nouveaux mauvais gouvernements s'en sortent et qu'ils nous an&#233;antissent, et bien toi, tu dois continuer &#224; lutter dans ton monde. Car c'est cet accord que nous avons pris lors de la rencontre, celui de lutter pour que plus aucune femme dans aucun recoin du monde n'ait peur d'&#234;tre femme. Et dans ton recoin, compa&#241;era et soeur, c'est ton r&#244;le d'y lutter, comme nous, les femmes zapatistes, nous luttons en terres zapatistes. Ces nouveaux mauvais gouvernement pensent qu'il va &#234;tre facile de nous vaincre, que nous ne sommes pas beaucoup et que personne, l&#224; bas dans les autres mondes, ne nous soutient. Mais que va-t-il se passer compa&#241;era et soeur ? Et bien, m&#234;me s'il ne reste qu'une seule d'entre nous, celle-ci se battra pour d&#233;fendre notre libert&#233;. Et nous n'avons pas peur. Si nous n'avons pas eu peur il y a d&#233;j&#224; plus de 25 ans lorsque personne ne nous regardait, alors encore moins maintenant que toi, tu nous as vu, bien ou mal, mais tu nous as vu. Compa&#241;era, soeur, nous te confions la petite lumi&#232;re que nous t'avons offert. Ne la laisse pas s'&#233;teindre. M&#234;me si la notre s'&#233;teint ici avec notre sang, et m&#234;me si elle s'&#233;teint &#224; d'autres endroits, toi, prends soin de la tienne car, bien que les temps actuels soient difficiles, nous devons continuer d'&#234;tre celles que nous sommes et nous sommes des femmes qui luttent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	De nombreux peuples luttent aujourd'hui contre les projets miniers, l'extraction des &#233;nergies fossiles, l'exploitation des terres rares, pour la d&#233;fense des terres communales et les revivifier. Ces projets d&#233;truisent des peuples et des &#233;cosyst&#232;mes entiers et les gouvernements, au service des multinationales, ne s'effondreront pas d'eux-m&#234;me. Les injustices sociales et l'extermination du vivant sont un seul et m&#234;me combat. Si nous voulons lutter efficacement contre cette destruction, il nous faut envisager des strat&#233;gies adapt&#233;es &#224; la situation et aux forces disponibles. Nous ne sommes ni &#233;quip&#233;s ni suffisamment nombreux pour affronter frontalement le bras arm&#233;e de l'&#201;tat, mais les &#233;cologistes les plus lucides savent que nous sommes en guerre contre un syst&#232;me mortif&#232;re et que seule une guerre asym&#233;trique peut d&#233;manteler. Il nous faut pour cela construire une culture de r&#233;sistance pour permettre &#224; la guerre &#233;cologique d&#233;cisive de se d&#233;velopper et de gagner. Une culture de r&#233;sistance implique de soutenir avec courage et loyaut&#233; des activistes qui s'attaqueront aux infrastructures les plus destructrices de la civilisation industrielle. Le r&#244;le de la culture de r&#233;sistance est de tisser un r&#233;seau de camaraderie et d'appartenance entre les diff&#233;rents activistes, les encourager &#171; dans leurs actes de r&#233;sistance en leur fournissant de l'argent, des vivres, des avocats et en les soutenant en cas d'incarc&#233;ration. Tandis que le combat prend forme, les membres du mouvement &#224; visage d&#233;couvert prennent en charge la construction d'institutions alternatives, des &#233;coles aux milices, qui prendront le relais une fois le syst&#232;me oppressif &#233;croul&#233;. &#187; (&lt;a href=&#034;https://editionslibre.org/nos-preventes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;DGR, un mouvement pour sauver la plan&#232;te&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2899 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH289/gilets_jaunes-0c97a.png?1694827189' width='500' height='289' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[Chronique radio] L'enfer du d&#233;veloppement durable</title>
		<link>https://vivreencomminges.org/Chronique-radio-L-enfer-du.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Il est surprenant qu'&#224; l'heure actuelle certains esp&#232;rent encore que le d&#233;veloppement durable soit soutenable, qu'il puisse respecter les conditions de vie terrestre, offrir une vie d'abondance aux humains, restaurer les sols, les oc&#233;ans, les ruisseaux, l'air et la biodiversit&#233;. Certains pensent encore que le d&#233;veloppement durable r&#233;pond au souhait de tous les peuples de la Terre qui r&#234;vent de faire fonctionner leurs usines, leurs smartphones, leurs ordinateurs, de couper leurs arbres pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2885 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2885 &#034; data-id=&#034;6431c80755787a144a21a5902ac45475&#034; src=&#034;IMG/mp3/vec112_5mars2019_l_enfer_du_developpement_durable.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est surprenant qu'&#224; l'heure actuelle certains esp&#232;rent encore que le d&#233;veloppement durable soit soutenable, qu'il puisse respecter les conditions de vie terrestre, offrir une vie d'abondance aux humains, restaurer les sols, les oc&#233;ans, les ruisseaux, l'air et la biodiversit&#233;. Certains pensent encore que le d&#233;veloppement durable r&#233;pond au souhait de tous les peuples de la Terre qui r&#234;vent de faire fonctionner leurs usines, leurs smartphones, leurs ordinateurs, de couper leurs arbres pour transformer leur horizon en champs d'&#233;oliennes. Pourtant, tout porte &#224; croire que le d&#233;veloppement durable est une gigantesque campagne publicitaire men&#233;e par des hommes et des femmes poss&#233;d&#233;es par le go&#251;t du profit, des sociopathes qui se moquent bien de transformer la plan&#232;te en enfer. Les promoteurs du d&#233;veloppement durable ne connaissent &lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2018/07/le-narcissisme-pathologique-de-la-civilisation-par-nicolas-casaux/?fbclid=IwAR2xvm6L68sJWK3aigf5n0JpA_0SqI7QAiiokbgqWD38NBSW5dqQs819z3M&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; aucune limite &#224; faire du mal &#224; autrui physiquement et moralement &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH316/eoliennes-c6516.jpg?1694827189' width='500' height='316' alt='agriculture ecolodurable ecourag&#233;e par Isabelle Delannoy' title='agriculture ecolodurable ecourag&#233;e par Isabelle Delannoy' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.
Le 20 janvier 1949, le Pr&#233;sident Truman prononce un discours dans lequel il divise les humains en deux cat&#233;gories : d'un c&#244;t&#233; les habitants d&#233;velopp&#233;s, de l'autre les sous-d&#233;velopp&#233;s. Les &#201;tats-Unis se proposent d'aider les sous-d&#233;velopp&#233;s, le Sud &#233;conomique, &#224; atteindre l'abondance mat&#233;rielle des d&#233;velopp&#233;s. Le Programme des Nations unies pour le d&#233;veloppement (Pnud) et la Banque mondiale promettent aux diff&#233;rents &#201;tats du Sud &#233;conomique l'accroissement de leur PIB et l'abondance gr&#226;ce aux transnationales du p&#233;trole et des minerais, &#224; l'exploitation intensive et motoris&#233;e des terres, et autres innovations autoritaires. Au nom de la civilisation, encore une fois, les terres de tous les peuples sont accapar&#233;es pour servir l'avidit&#233; des multinationales et de ceux qui les servent. Rien d'&#233;tonnant &#224; ce que ces promesses soient un &#233;chec et &#224; ce que l'&#233;cart entre les plus pauvres et les plus riches ne cesse de cro&#238;tre. Contre toute d&#233;cence, ONG et &#201;tats promulguent encore les vertus du d&#233;veloppement, qualifiant les &#171; pays sous-d&#233;velopp&#233;s &#187; de &#171; pays &#233;mergents &#187;, comme s'il &#233;tait n&#233;cessaire de les extraire de la nuit obscure de l'immanence pour qu'ils atteignent enfin la transcendance occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2018/05/9289/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le d&#233;veloppement est une continuit&#233; de la colonisation&lt;/a&gt;, il s'impose aux populations &#224; coups de machines et de moteurs, de d&#233;chets et d'exploitations, consid&#232;re les humains de ces pays comme des primitifs ayant manqu&#233; la marche menant au progr&#232;s technologique et auxquels il faut apporter la Lumi&#232;re, au sens propre comme au figur&#233;, pour les civiliser. Leurs cultures, leurs langues, leurs rapports au monde, au vivant, au lieu, &#224; la mort, &#224; l'amour ne sont pas seulement insignifiants, ils entravent aussi le d&#233;veloppement du progr&#232;s (ou inversement). Le d&#233;veloppement est un ethnocide, il ne peut en &#234;tre autrement puisqu'il refuse d'entendre ce que les peuples indig&#232;nes lui r&#233;pondent depuis des si&#232;cles :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lastrealindians.com/letter-from-zapatista-women-to-women-who-fight-all-over-the-world/?fbclid=IwAR3Pc2UqPp1MsIBHvOogtztB7XNCSmc5X-BTjXyyUnIjqy6Dt8vEOnUApR8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; [Ils] pensent que nous voulons de l'argent. Ils ne comprennent pas que nous voulons la libert&#233; ; ils ne comprennent pas que le peu que nous avons accompli, c'est de lutter sans photos, sans interviews, sans livres, sans consultations, sans sondages, sans votes, sans mus&#233;es et sans mensonges. Ils ne comprennent pas que ce qu'ils appellent &#034;progr&#232;s&#034; est un mensonge, qu'ils ne peuvent m&#234;me pas s'occuper de la s&#233;curit&#233; des femmes, qui continuent &#224; &#234;tre battues, viol&#233;es et assassin&#233;es dans leur monde progressiste ou r&#233;actionnaire. Combien de femmes ont &#233;t&#233; tu&#233;es dans ces mondes progressistes ou r&#233;actionnaires pendant que vous lisez ces mots, camarade, ma s&#339;ur ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'en 1987 dans le rapport Brundtland, publi&#233; par la Commission mondiale sur l'environnement et le d&#233;veloppement, appara&#238;t l'expression &#171; d&#233;veloppement durable &#187; (traduction de sustainable development). Cette expression r&#233;v&#232;le l'ignorance et l'indiff&#233;rence des dirigeants quant &#224; la r&#233;alit&#233; &#233;cologique. Comment, en effet, dans une plan&#232;te finie, peut-on croire qu'un d&#233;veloppement, synonyme de croissance, expansion, prolif&#233;ration, peut &#234;tre soutenable ou, pire encore, &lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2015/11/limpossible-developpement-durable-par-george-monbiot/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;durable&lt;/a&gt;. Comme le pr&#233;cise Thierry Sallantin, seule la stabilit&#233; est soutenable. Mais la stabilit&#233; n'est pas compatible avec notre syst&#232;me techno-&#233;conomique et le d&#233;veloppement durable est un concept pens&#233; pour permettre &#224; ce syst&#232;me de se d&#233;velopper malgr&#233; les destructions qu'il g&#233;n&#232;re, parce que ce qui doit cro&#238;tre en priorit&#233; c'est la courbe du CAC 40. Pour que cette courbe grimpe, il est n&#233;cessaire de domestiquer les &#234;tres et les forces domesticables jusqu'&#224; &#233;puisement du sauvage. Les membres du Conseil mondial des affaires pour le d&#233;veloppement durable ne s'y trompent pas, le laisser vivre n'est pas rentable. Le sauvage, la biodiversit&#233;, les zones libres doivent &#234;tre r&#233;ifi&#233;s, exploit&#233;s, d&#233;truits au nom de la progression sans fin du mod&#232;le technique, &#233;conomique et sociale du capitalisme. Il n'est d'ailleurs pas anodin que le mot &#171; durable &#187; ait &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;r&#233; au mot &#171; soutenable &#187;, il appartient &#224; la logique manag&#233;riale qui se soucie avant tout des b&#233;n&#233;fices &#224; court terme ; ce qui doit durer c'est la machine &#233;conomique, la comp&#233;titivit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son origine, le &#171; d&#233;veloppement durable &#187; n'est rien d'autre qu'une expression pour travestir le capitalisme, il n'a pour but ni d'am&#233;liorer la vie des populations ni de prot&#233;ger la nature, mais de reproduire, sous un masque faussement &#233;thique, le m&#234;me syst&#232;me h&#233;g&#233;monique et destructeur, dont le but principal est de rapporter beaucoup d'argent &#224; une poign&#233;e de psychopathes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement durable, nouvelle nomination du capitalisme, est ethnocide et &#233;cocide. L'expansion de l'enfer que la civilisation industrielle impose &#224; toute la plan&#232;te est une volont&#233; des multinationales qui ont le soutien de l'arm&#233;e, des ONG et des &#201;tats. Il est utile de rappeler que c'est avec la charte des Nations Unies, en 1945, que les ONG commencent &#224; se d&#233;velopper. Ce n'est pas un hasard si leur apparition co&#239;ncide avec l'expansion plan&#233;taire du capitalisme, c'est parce qu'elles sont reconnues comme acteurs du d&#233;veloppement aux c&#244;t&#233;s de l'&#201;tat et du march&#233;. L'une des plus importante ONGE internationale, le WWF, participe activement au d&#233;veloppement de l'enfer vert dans les pays du Sud &#233;conomique. Ainsi, au Br&#233;sil, au c&#339;ur de la for&#234;t amazonienne, dans les petits villages qui bordent les rivi&#232;res Ituxi et Purus, le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l'agence environnementale br&#233;silienne ICMBio installent des panneaux solaires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.geo.fr/environnement/en-amazonie-des-panneaux-solaires-pour-une-energie-propre-179909&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Jusqu'ici ils d&#233;pendaient exclusivement de groupes &#233;lectrog&#232;nes hautement polluants pour des choses aussi simples qu'allumer des ampoules pendant quelques heures, faire un peu marcher la t&#233;l&#233;vision ou maintenir les aliments au frais. &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton condescendant et mis&#233;rabiliste est bien celui du colon qui m&#233;prise les petites maisons en bois sur pilotis. Il est vrai qu'elles ne respectent pas les normes HQE (Haute Qualit&#233; Environnementale), BBC (B&#226;timent Basse Consommation) ou encore THPE (Tr&#232;s Haute Performance Environnementale) des &#233;co-quartiers civilis&#233;s. Sous pr&#233;texte de sauver la for&#234;t et d'&#233;duquer, ils exportent leur technologie hautement destructrice pour rendre de plus en plus d&#233;pendant du syst&#232;me technologique et de la soci&#233;t&#233; de consommation mondialis&#233;s jusqu'au moindre habitant du plus &#233;loign&#233; recoin de la for&#234;t. &#192; l'instar de toutes les autres industries, de l'industrialisme dans son ensemble, l'industrie des panneaux solaires est incompatible avec une soci&#233;t&#233; juste et &#233;galitaire. Il suffit de consid&#233;rer le cycle de production et d'utilisation d'un panneau solaire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2019/02/democratie-photovoltaique-par-nicolas-casaux/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Sa fabrication et son arriv&#233;e sur le site de son utilisation requi&#232;rent un &#233;ventail international d'op&#233;rations complexes et polluantes. Depuis les extractions de mati&#232;res premi&#232;res, comme les terres rares, en Chine, &#224; leur traitement en usine, &#224; l'assemblage des composants dans une autre usine, et jusqu'au transport maritime par cargo qui l'acheminera en Europe. L'&#233;lectricit&#233; qu'il produit est transmise au travers d'un circuit &#233;lectrique gigantesque, et stock&#233;e gr&#226;ce &#224; des syst&#232;mes de batteries. L'ensemble de la cha&#238;ne ne garantit un approvisionnement ad&#233;quat et rapide que si chacun des maillons est encadr&#233; par des bataillons d'ing&#233;nieurs, de gestionnaires et d'experts financiers, eux-m&#234;mes reli&#233;s aux administrations et &#224; des secteurs entiers de l'industrie (quand ce n'est pas &#224; l'arm&#233;e). En mettant le panneau solaire en marche, on n'utilise pas simplement un outil, on se branche sur tout un r&#233;seau de syst&#232;mes interd&#233;pendants. Le passage de techniques simples &#224; l'&#233;quipement moderne implique la r&#233;organisation de la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re. &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ce n'est pas sous couvert de d&#233;veloppement social ou environnemental, c'est sous pr&#233;texte de protection de la nature que les peuples indig&#232;nes sont tortur&#233;s, assassin&#233;s, d&#233;port&#233;s : ainsi des Bakas dans le Bassin du Congo o&#249; le WWF travaille main dans la main avec le gouvernement congolais pour faire de ces terres, qui appartiennent aux Baka, un parc national :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#171; La cr&#233;ation du parc national de Messok Dja, au nord-ouest du Congo, entra&#238;nera l'&#233;viction des Baka des for&#234;ts dont ils d&#233;pendent, irr&#233;m&#233;diablement. Et les Baka n'ont pas donn&#233; leur accord. Ils subissent d&#233;j&#224; les intimidations et le harc&#232;lement des gardiens du parc, financ&#233;s par le &lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2015/06/le-silence-des-pandas-ce-que-le-wwf-ne-dit-pas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;WWF&lt;/a&gt;. Accus&#233;s &#224; tort de braconnage, ils sont harcel&#233;s et battus, r&#233;duits au silence, &#224; la peur et &#224; la soumission, et expuls&#233;s de leurs for&#234;ts &#187;.-&gt;&lt;a href=&#034;https://www.survivalfrance.org/actu/11829&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.survivalfrance.org/actu/11829&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, ces initiatives g&#233;n&#232;rent des d&#233;sastres sociaux et environnementaux, elles ne r&#233;pondent en v&#233;rit&#233; qu'&#224; la convoitise des multinationales qui ne cessent de d&#233;velopper parcs &#233;oliens, barrages, centrales solaires, g&#233;othermiques ou nucl&#233;aires sur tous les continents. L'id&#233;e selon laquelle les peuples indig&#232;nes d&#233;sirent monter &#224; bord de notre Titanic est en grande partie un mythe. En Am&#233;rique latine et en Afrique, de nombreuses luttes et r&#233;sistances ont lieu &#224; l'heure actuelle contre la d&#233;forestation, l'exploitation du p&#233;trole, le d&#233;veloppement de l'&#233;lectricit&#233;, l'accaparement des terres. Des communaut&#233;s indig&#232;nes de l'Isthme de Tehuantepec, dans le Sud du Mexique, s'opposent &#224; l'accaparement des terres par les multinationales de l'industrie &#233;olienne. Tout comme les panneaux solaires, l'industrie &#233;olienne, qui d&#233;pend de l'extraction de &lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2015/02/eoliennes-terres-rares-et-desastre-environnemental-une-verite-qui-derange/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;m&#233;taux rares&lt;/a&gt;, n'est ni souhaitable ni soutenable, et ainsi de toutes ces fausses solutions que sont les centrales g&#233;othermiques, les centrales de biomasse, les barrages hydro&#233;lectriques. Notre r&#233;seau &#233;lectrique, internet, et toutes les infrastructures qui constituent la civilisation industrielle exigent et reposent sur l'exploitation de l'humain par l'humain, sur une destruction permanente des &#233;cosyst&#232;mes, de l'habitat des autres esp&#232;ces vivantes, g&#233;n&#232;rent des d&#233;chets hautement toxiques, imposent une mani&#232;re de vivre, une monoculture mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L457xH304/delanoy2-2-86068.jpg?1694827189' width='457' height='304' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	&#192; de nombreuses reprises, &#224; travers l'histoire, l'on a observ&#233; un vif refus de ce progr&#232;s technique tant vant&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De nombreuses soci&#233;t&#233;s ont ainsi choisi de &#171; ne pas faire &#187; et de conditionner l'utilisation des techniques &#224; des fins morales, religieuses ou culturelles plut&#244;t que de penser la technique uniquement dans le langage du progr&#232;s et de l'accroissement de puissance. Ainsi, les populations de l'Am&#233;rique pr&#233;colombienne connaissaient la roue mais refus&#232;rent de l'utiliser dans un but utilitaire ; les Indiens des grandes plaines d'Am&#233;rique du Nord adopt&#232;rent le cheval mais en le d&#233;barrassant de tout ce qui le rendait efficace aux yeux des Europ&#233;ens (selle et &#233;triers). L'efficacit&#233; technique ne va en effet pas de soi, il s'agit d'une notion relative &#233;troitement li&#233;e &#224; un ensemble de croyances et aux contextes socioculturels dans lesquels s'inscrit l'objet technique. &#187; (Technocritiques, Fran&#231;ois Jarige)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s non capitalistes et les peuples indig&#232;nes ont toujours fait preuve d'une grande inventivit&#233; technique pour s'adapter &#224; leur environnement et mettre en place des syst&#232;mes productifs ajust&#233;s aux contraintes de leurs milieux, des &#233;conomies de subsistance visant &#224; satisfaire leurs besoins. Ces derni&#232;res n'&#233;taient et ne sont pas le r&#233;sultat d'un d&#233;faut ou d'un manque. L'&#233;conomie domestique des populations indig&#232;nes s'adapte &#224; leurs besoins et &#224; leurs possibilit&#233;s ; ils jugent leur abondance &#224; la quantit&#233; d'efforts n&#233;cessaires pour satisfaire ces besoins. Contrairement &#224; nos soci&#233;t&#233;s industrielles o&#249; l'acc&#232;s &#224; l'innovation technique est consid&#233;r&#233; comme le summum du luxe et de la richesse, les soci&#233;t&#233;s non capitalistes accordent plus d'importance aux relations qu'elles tissent avec le lieu qui les habitent &#8212; et qu'elles habitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le luxe et la richesse que vendent les soci&#233;t&#233;s capitalistes n'ont rien &#224; voir avec l'abondance. L'accumulation sans fin d&#233;truit les lieux et les relations que nous pourrions instaurer avec eux si nous ne subissions pas les contraintes du capitalisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://medium.com/&lt;span class='mcrypt'&gt; chez &lt;/span&gt;seb.darmissan/le-capitalisme-en-tant-qu%C3%A9conomie-de-la-civilisation-f2a5392b1d8e&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le capitalisme est l'administration &#233;conomique perp&#233;tuelle du d&#233;s&#233;quilibre qui surgit lorsqu'on prend plus que ce que l'on rend (aux humains comme aux &#233;cosyst&#232;mes) l'accumulation de surplus est inutile et dangereuse (&#8230;) il ne s'agit pas simplement de la quantit&#233; de ce que le capitalisme approprie, mais aussi de la vitesse, la cadence &#224; laquelle il le fait, et qui interdit la r&#233;g&#233;n&#233;ration des &#233;cosyst&#232;mes partout o&#249; il &#233;tend son contr&#244;le. C'est donc un accaparement et une destruction de l'espace du temps pr&#233;sent, mais aussi du temps futur. &#187;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dont souffre les puissants, nous en souffrons aussi. Cette civilisation qui ne cesse de construire des murs, des prisons, des zoos, nous emp&#234;che d'entendre ce qui vit en dehors d'elle. Pour certains, le moindre bruissement de libert&#233; est si intol&#233;rable qu'ils s'empressent de d&#233;poser un brevet pour se l'approprier. L'artificialisation du monde constitue &#224; leurs yeux l'accomplissement supr&#234;me. Pas &#233;tonnant qu'&#224; la chair ils pr&#233;f&#232;rent le plastique, le m&#233;tal, la silice. Leur obsession pour les poup&#233;es et les machines d&#233;coule de leur croyance selon laquelle la nature serait l'ennemie de l'homme, ainsi souhaitent-ils la d&#233;truire quand nous voulons la d&#233;fendre.. Mais qu'est-ce que la civilisation industrielle nous a offert de si irrempla&#231;able pour que la vie elle-m&#234;me nous importe moins ? La chirurgie plastique ? La surveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e ? Les &#171; for&#234;ts &#187; (terme de plus en plus employ&#233;s pour d&#233;signer des monocultures d'arbres, des plantations) g&#233;r&#233;es comme un carnet de comptable ? La lumi&#232;re artificielle ? Le grondement permanent des moteurs ? Les quartiers de haute s&#233;curit&#233; ? Les montagnes de d&#233;chets ? Les plages couvertes de cadavres ? Elle nous a surtout rendus sourds et muets, clo&#238;tr&#233;s que nous sommes dans nos appartements, dans nos chambres, dans nos villes asphyxiantes, dans nos campagnes toujours plus d&#233;sertes et b&#233;tonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas surprenant d'apprendre que les peuples indig&#232;nes poss&#232;dent des capacit&#233;s cognitives d'adaptations bien plus &#233;lev&#233;es que nous. Nous vivons dans des environnements hautement pr&#233;visibles et monotones ; nous n'avons pas besoin d'&#234;tre aussi attentif &#224; l'environnement qu'un &lt;a href=&#034;https://www.psypost.org/2019/02/cognitive-neuroscientists-observe-enhanced-mental-flexibility-in-the-seminomadic-himba-tribe-53205?fbclid=IwAR2bER0LiDY3T8fbZcLbb0ktHfMD6QUrpafMNzE5jbqsXPN0H-1WEfgnHSk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Himba&lt;/a&gt;, par exemple, qui s'adapte constamment &#224; de nouveaux contextes et pour qui l'attention port&#233;e au monde est la seule v&#233;ritable richesse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH318/bassin_du_congo-dd423.jpg?1694827189' width='500' height='318' alt='Peuple du bassin de Congo' title='Peuple du bassin de Congo' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des &#234;tres vivants, humains et non humains, meurent chaque jour, et ils ne disparaissent pas silencieusement et calmement comme un &#233;cran que l'on &#233;teint. Ils souffrent des guerres, des pollutions, des contaminations, de l'enfermement, de la destruction de leur habitat, de la perte d'&#234;tres chers, de la faim. Ils connaissent l'agonie du corps malade, maltrait&#233;, affam&#233;. Chaque jour apporte son lot d'atrocit&#233;s, les preuves ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Gontran Damas l'a parfaitement exprim&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai l'impression d'&#234;tre ridicule
avec les th&#233;ories qu'ils assaisonnent
au go&#251;t de leurs besoins de leurs passions
de leurs instincts ouvert la nuit en forme de paillasson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression d'&#234;tre ridicule
parmi eux complice parmi eux souteneur
parmi eux &#233;gorgeur les mains effroyablement rouges
du sang de leur civilisation. &#187; (extrait du recueil Pigments)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette civilisation nous mutile, nous affaiblie, nous m&#233;prise. Elle n'est pas &#224; d&#233;fendre. Sa disparition seule nous permettra de construire des communaut&#233;s vivantes et joyeuses, des communaut&#233;s aux cultures aussi diverses que les &#233;cosyst&#232;mes qui peuplent une plan&#232;te libre et vivante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.dauphinlibre.be/extinction-et-si-les-orques-savaient/?fbclid=IwAR11Y8nCea2EWnLj-Ye8jDEdNJzLQlzzcIznF4eDSROIAVNf5269VGLwys4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Extinction, et si les orques savaient&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/20-000-oiseaux-marins-morts-sur-les-plages-des-pays-bas_2061103.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;20 000 oiseaux marins morts sur les plages des Pays-bas&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Technocritiques, Fran&#231;ois Jarrige&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'enfer vert, un projet pav&#233; de bonnes intentions, Tomjo&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[Chronique radio] Toute civilisation est destructrice</title>
		<link>https://vivreencomminges.org/Chronique-radio-Toute-civilisation.html</link>
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		<dc:date>2019-01-07T20:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;Les gilets jaunes sont dans la rue depuis plus d'un mois maintenant. Le prix du p&#233;trole a &#233;t&#233; la goutte d'eau de trop pour les classes moyennes et populaires. Cette premi&#232;re revendication ne pouvait pas concerner ceux qui pensent avant tout &#224; l'&#233;cologie, puisque nous savons tous que l'exploitation du p&#233;trole et l'usage de la voiture d&#233;truisent le monde vivant. Je tiens &#224; pr&#233;ciser que penser avant tout &#224; l'&#233;cologie n'est pas une posture de privil&#233;gi&#233;s. Nombreux sont les &#233;cologistes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2839 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_document_avec_legende player&#034; data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2839 &#034; data-id=&#034;44aed897a2b77f4a340ae5643f857d4e&#034; src=&#034;IMG/mp3/vec110_08janvier2019_chronique_ana.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2839 '&gt;&lt;strong&gt;Toute civilisation est destructrice
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript102742265869ea6b5a21ef22.33833874&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzI4Mzc2NzE0JyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3MjgzNzY3MTQnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Les gilets jaunes sont dans la rue depuis plus d'un mois maintenant. Le prix du p&#233;trole a &#233;t&#233; la goutte d'eau de trop pour les classes moyennes et populaires. Cette premi&#232;re revendication ne pouvait pas concerner ceux qui pensent avant tout &#224; l'&#233;cologie, puisque nous savons tous que l'exploitation du p&#233;trole et l'usage de la voiture d&#233;truisent le monde vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Je tiens &#224; pr&#233;ciser que penser avant tout &#224; l'&#233;cologie n'est pas une posture de privil&#233;gi&#233;s. Nombreux sont les &#233;cologistes militants qui sont RSAstes ou ch&#244;meurs et pour qui la sobri&#233;t&#233; n'est ni source de malheur ni source de souffrances. Ces choix de consommation sont importants mais ils ne sont pas suffisants. Si nous voulons arr&#234;ter les massacres en cours, nous devons identifier le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'extermination de la biodiversit&#233; est le fait d'une culture dominante dont le mode d'organisation politique et sociale est ce qu'on appelle une civilisation. Nous participons tous, &#224; des degr&#233;s plus ou moins importants, au fonctionnement destructeur de cette civilisation. Nous devons accepter notre part de responsabilit&#233; si nous voulons enfin devenir adulte et nous &#233;manciper efficacement d'un syst&#232;me socio-techno-&#233;conomique mortif&#232;re qui nous ali&#232;ne et nous encha&#238;ne &#224; une productivit&#233; meurtri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est important de comprendre que la destruction de la plan&#232;te est intimement li&#233;e aux injustices sociales et &#224; la destruction de nos sant&#233;s physiques et morales. Le mode de vie des civilisations, et de la civilisation industrielle en particulier, doit &#234;tre d&#233;mantel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais qu'est-ce-que la civilisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;tymologie du mot &#171; civilisation &#187; provient du latin civis qui signifie citoyen et du mot civitas, &#233;tat-cit&#233;. Au sens strict, le mot civilisation d&#233;signe les populations des villes et la ville en tant que telle. La ville est une concentration de citoyens qui, contrairement &#224; un campement ou un village, n&#233;cessitent l'importation de nourriture et d'autres denr&#233;es n&#233;cessaires pour vivre. Les premi&#232;res villes remontent &#224; plus de 5000 ans et toutes poss&#232;dent des bases similaires : de l'&#201;gypte des pyramides aux palais de Cnossos en Cr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle Lewis Morgan parlait d'une transition de la barbarie, un mode de vie agricole, &#224; la civilisation, centr&#233;e autour des cit&#233;s. L'apparition des villes a &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par l'arch&#233;ologue Gordon Childe de &#171; r&#233;volution urbaine &#187;. Ce passage du campement &#224; la ville n'aurait jamais pu se faire sans une transformation des moyens de subsistance, c'est-&#224;-dire, sans le passage d'une &#233;conomie de subsistance bas&#233;e sur la cueillette et la chasse &#224; une &#233;conomie de subsistance d&#233;pendant de la domestication des plantes et des animaux. Ce qui ne veut pas dire que toute domestication m&#232;ne fatalement au d&#233;veloppement des villes, de nombreux peuples actuels pratiquent des formes d'horticulture depuis des centaines d'ann&#233;es sans n'avoir jamais constitu&#233; de cit&#233;-&#233;tat. L'agriculture, qui est la domestication des plantes, impose une s&#233;dentarisation plus ou moins permanente de la population. La civilisation ne peut na&#238;tre sans ces deux modes d'existence que sont la s&#233;dentarisation et la domestication des moyens de subsistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	L'am&#233;lioration des techniques agricoles au cours du n&#233;olithique participe &#224; la croissance d&#233;mographique et &#224; l'accumulation de r&#233;serves alimentaires. Cette accumulation, ou stockage des surplus, facilite le d&#233;veloppement d'une &#233;lite qui s'en empare sous pr&#233;texte de protection. Selon certains arch&#233;ologues, les silos de stockage furent les premiers temples et leur gardien la premi&#232;re &#233;lite. Avec l'extraction des m&#233;taux la stratification sociale s'accentue et la constitution d'une &#233;lite est de plus en plus visible, notamment par les richesses accumul&#233;es que les arch&#233;ologues mettent au jour dans les inhumations de l'&#226;ge des m&#233;taux. Lorsque les centres urbains se d&#233;veloppent, autour d'un village existant, une &#233;lite constitu&#233;e a d&#233;j&#224; la main mise sur les surplus et les moyens de subsistances. Pour nourrir une population toujours croissante, il faut exploiter intensivement les terres alentour et le travail agricole n&#233;cessaire &#224; cette exploitation ne peut qu'&#234;tre laborieux. Les classes laborieuses naissent de l'exploitation des modes de subsistance au fin de nourrir une population urbaine elle-m&#234;me exploit&#233;e par une &#233;lite qui, pour maintenir la division des classes laborieuses, encourage la division du travail &#224; grande &#233;chelle. Des groupes sp&#233;cialis&#233;s, dans la construction ou dans diff&#233;rentes formes d'artisanat, par exemple, se constituent, complexifiant toujours plus la vie sociale et accentuant la d&#233;pendance du plus grand nombre &#224; l'exploitation intense de l'environnement. L'une des premi&#232;res grande cit&#233; connue, dat&#233;e de 5000 avant J.-C., est Uruk, en M&#233;sopotamie. C'est &#224; Uruk que Gilgamesh aurait r&#233;gn&#233;. Il est remarquable que le mythe de Gilgamesh, premier mythe &#233;crit, relate le d&#233;boisement des collines et des vall&#233;es d'Irak afin de construire une grande cit&#233;. D&#232;s son origine, la civilisation d&#233;truit des &#233;cosyst&#232;mes entiers, d&#232;s son origine la civilisation rel&#232;ve du biocide. D'autre part, toutes les civilisations impliquent une certaine militarisation, parce qu'ainsi qu'en t&#233;moigne l'histoire, toutes sont expansionnistes, voraces et intens&#233;ment comp&#233;titives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En s&#233;parant les populations de la terre, principal moyen de subsistance (par la chasse, la cueillette, l'horticulture, la permaculture&#8230;), la civilisation ali&#232;ne les humains. La stratification sociale et la division du travail qu'elle engendre condamnent des milliers d'humains &#224; vivre dans l'extr&#234;me pauvret&#233;, dans des environnements toxiques et nocifs. L'exploitation intense des terres, indispensable pour alimenter la population des villes, est similaire &#224; l'exploitation intense de la main d'&#339;uvre n&#233;cessaire et toujours plus d&#233;localis&#233;e, rejet&#233;e &#224; la p&#233;riph&#233;rie des centres urbains o&#249; se pavanent des citadins toujours plus narcissiques, plong&#233;s dans une hallucination collective o&#249; seul le monde civilis&#233;, le monde domestiqu&#233;, a sa place. Les citadins ne peuvent exister sans cette exploitation intensive, le m&#233;pris des villes pour les campagnes provient-il de cette conscience refoul&#233;e que sans la destruction en cha&#238;ne des territoires, la ville ne serait pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Stanley Diamond &#233;crit : &#171; La civilisation d&#233;coule des conqu&#234;tes &#224; l'&#233;tranger et de la r&#233;pression domestique. &#187; La population s'accro&#238;t, les besoins augmentent, les ressources diminuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut &#233;tendre son domaine d'exploitation, augmenter ses richesses au d&#233;pend des autres peuples et des autres existants. Le passage de la chasse cueillette &#224; la domestication est per&#231;u par certains anthropologues comme le passage du biocentrisme &#224; l'anthropocentrisme. Si certains peuples connaissent la domestication sans nier l'importance &#224; d'autres existants, il est ind&#233;niable que les civilisations sont toutes fond&#233;es sur le supr&#233;matisme humain et plus particuli&#232;rement le supr&#233;matisme de l'humain m&#226;le. Les civilisations sont patriarcales et &#233;rigent la virilit&#233; en norme sociale, elles c&#233;l&#232;brent le pouvoir et la violence, glorifient la militarisation. Elles &#233;rigent des monuments &#224; la gloire de l'&#233;lite, des batailles et des arm&#233;es, condamnent femmes, enfants et esclaves &#224; la sph&#232;re domestique, exterminent des &#233;cosyst&#232;mes entiers, exploitent les autres esp&#232;ces pour les spectacles et divertissements, etc. La d&#233;mesure &#8212; l'hubris &#8212;, est ce qui d&#233;finit le mieux la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour maintenir son aura de s&#233;duction, les civilis&#233;s privil&#233;gi&#233;s inventent le mythe du progr&#232;s. Les civilisations nous promettent vie &#233;ternelle, sant&#233; &#233;ternelle, richesse &#233;ternelle, confort &#233;ternel, sati&#233;t&#233; &#233;ternelle, amour &#233;ternel, etc. Un jour, comme l'a si bien dit un &#233;tudiant de la Silicon Valley, l'homme cessera d'&#234;tre un sac &#224; viande. Voil&#224; la promesse de toute civilisation qui condamne l'humanit&#233; &#224; vivre ali&#233;n&#233;e de la terre et des terriens. Nous pouvons aujourd'hui affirmer que le progr&#232;s est un mythe, que la vie dans les cit&#233;s est destructrice et que notre civilisation, qui an&#233;antit le vivant, est plus dangereuse que toutes celles qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La violence de notre civilisation, patriarcale, raciste, militaire, capitaliste, mondialis&#233;e et m&#233;canis&#233;e, est extr&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; chaque ann&#233;e, ce sont plus de 120 000 filles et de 30 000 gar&#231;ons de moins de 18 ans qui sont victimes de viol ou de tentative de viol : 81 % des victimes de violences sexuelles ont subi les premi&#232;res violences avant l'&#226;ge de 18 ans, 51 % avant 11 ans, et 23 % avant 6 ans ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; plus de 400 personnes sans domiciles sont mortes dans la rue en 2018 ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Il ya plus 45 millions d'esclaves dans le monde, plus que jamais dans l'histoire : prostitution, pornographie, esclaves domestiques, enfants-soldats, etc. ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 40 % de l'ensemble des d&#233;c&#232;s humains seraient li&#233;s &#224; la pollution de l'air, de l'eau et des sols, ce qui correspond &#224; 63 000 d&#233;c&#232;s par jour li&#233; &#224; la pollution et dans d'atroces souffrances. Un homme sur trois meurt d'un cancer : les substances toxiques sont dans l'air que nous respirons, dans nos assiettes, dans nos maisons, dans le lait maternel ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; la faim dans le monde ne cesse d'augmenter : en 1950, 20 % des 2,5 milliards de la population souffrait de malnutrition, en 2017 ce sont 57 % des 6,5 milliards de la population, soit plus de 3 milliards de personnes qui souffrent de la faim ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 30 % de la surface du globe est menac&#233;e de d&#233;sertification, dont 70 % des terres arides, 52 000 km&#178; sont transform&#233;s en d&#233;sert chaque ann&#233;e ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 200 esp&#232;ces disparaissent chaque jour, 90 % des grands poissons ont disparu des oc&#233;ans, 97 % des for&#234;ts ont &#233;t&#233; d&#233;truites, 70 % des insectes ont disparu, plus de 200 esp&#232;ces s'&#233;teignent &#8212; sont extermin&#233;es &#8212; chaque jour.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt; Toutes ces violences ne sont pas les cons&#233;quences de la nature humaine mais d'une culture qui d&#233;truit les terres et contre laquelle nous devons combattre. Chaque nouvelle &#233;tude nous prouve que le r&#233;chauffement climatique se produit bien plus vite que pr&#233;vu. La destruction du vivant a commenc&#233; il y a longtemps ; l'amn&#233;sie &#233;cologique et l'ali&#233;nation industrielle nous font oublier la diversit&#233; des for&#234;ts dont les arbres anciens, indispensables pour d'innombrables raisons, &#233;taient v&#233;n&#233;r&#233;s ; nous avons oubli&#233;s la ga&#238;t&#233; de nos rivi&#232;res o&#249; frayaient par milliers les saumons, extermin&#233;s en quelques si&#232;cles par les barrages, les moulins et la surp&#234;che ; nous avons oubli&#233;s les phoques paressant sur le sable de nos plages, les baleines et les dauphins chahutant l'horizon marin. Toute culture qui se fonde sur la destruction perp&#233;tuelle des &#233;quilibres et des dynamiques du monde naturel est vou&#233;e &#224; p&#233;rir avec lui. Nous devons comprendre que la sant&#233; de la biosph&#232;re est primordiale. Ainsi que Derrick Jensen l'&#233;crit : &#171; Le premier principe de la soutenabilit&#233; est et doit &#234;tre que la sant&#233; de la terre est primordiale, et que tout le reste &#8212; vraiment, tout le reste &#8212; lui est subordonn&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Aucune culture ne vaut plus que cette vie terrestre dont nous d&#233;pendons tous et qui ne peut perdurer qu'&#224; l'&#233;tat sauvage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[Lecture Ana] Lierre Keith, le probl&#232;me</title>
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		<dc:date>2019-01-07T11:04:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;DGR &#233;value les options strat&#233;giques qui s'offrent &#224; nous, de la non-violence &#224; la gu&#233;rilla, et pose les conditions n&#233;cessaires &#224; une victoire. Ce livre explore aussi les sujets, concepts et modes op&#233;ratoires des mouvements de r&#233;sistance et des grandes luttes de ces derniers si&#232;cles : les types de structures organisationnelles, les modalit&#233;s de recrutement, la s&#233;curit&#233;, les choix des cibles, etc. DGR n'est pas seulement un livre, c'est aussi un mouvement qui propose un plan d'action concret. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2843 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_document_avec_legende player&#034; data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2843 '&gt;&lt;strong&gt;Lecture : Extrait du livre DGR, Lierre Keith, le probl&#232;me
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript102742265869ea6b5a21ef22.33833874&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzI4Mzc2NzE0JyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3MjgzNzY3MTQnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;DGR &#233;value les options strat&#233;giques qui s'offrent &#224; nous, de la non-violence &#224; la gu&#233;rilla, et pose les conditions n&#233;cessaires &#224; une victoire. Ce livre explore aussi les sujets, concepts et modes op&#233;ratoires des mouvements de r&#233;sistance et des grandes luttes de ces derniers si&#232;cles : les types de structures organisationnelles, les modalit&#233;s de recrutement, la s&#233;curit&#233;, les choix des cibles, etc. DGR n'est pas seulement un livre, c'est aussi un mouvement qui propose un plan d'action concret. Il s'agit d'une lecture obligatoire pour tout militant souhaitant comprendre les enjeux de notre temps, l'id&#233;ologie et les faiblesses de la culture dominante ainsi que les strat&#233;gies et tactiques de lutte efficaces : &lt;a href=&#034;https://editionslibre.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://editionslibre.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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		<title>[Chronique radio] Le mythe du Grand pr&#233;dateur</title>
		<link>https://vivreencomminges.org/Le-mythe-du-Grand-chasseur.html</link>
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		<dc:date>2018-11-08T13:12:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



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&lt;p&gt;La disparition de la m&#233;gafaune Une histoire d'amour La masculinit&#233; Bibliographie La disparition de la m&#233;gafaune Tout au long du Pl&#233;istoc&#232;ne, qui dure plus de 2 millions d'ann&#233;es, des esp&#232;ces de grandes et petites tailles disparaissent, se r&#233;fugient dans d'autres zones g&#233;ographiques ou sont remplac&#233;es par des esp&#232;ces similaires. Mais &#224; la fin du Pl&#233;istoc&#232;ne, ce sont surtout de grands mammif&#232;res terrestres, de grands oiseaux et reptiles qui disparaissent. Cette importante extinction de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2831 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2831 &#034; data-id=&#034;fe364baeaab8cc0d52ee1ee3f77273a5&#034; src=&#034;IMG/mp3/vec109_6novembre_2018_chasse.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2829 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://vivreencomminges.org/IMG/jpg/prehis_keaton.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH370/prehis_keaton-39cd2.jpg?1694827189' width='500' height='370' alt='' title='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;#mega&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;La disparition de la m&#233;gafaune&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#amou&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Une histoire d'amour&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#mascu&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;La masculinit&#233;&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#biblio&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;mega&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La disparition de la m&#233;gafaune&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Tout au long du Pl&#233;istoc&#232;ne, qui dure plus de 2 millions d'ann&#233;es, des esp&#232;ces de grandes et petites tailles disparaissent, se r&#233;fugient dans d'autres zones g&#233;ographiques ou sont remplac&#233;es par des esp&#232;ces similaires. Mais &#224; la fin du Pl&#233;istoc&#232;ne, ce sont surtout de grands mammif&#232;res terrestres, de grands oiseaux et reptiles qui disparaissent. Cette importante extinction de la faune terrestre concerne l'ensemble de la plan&#232;te sans pour autant toucher le biotope marin. Elle est reconnue d&#232;s le 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle par Alfred Russel Wallace et Charles Darwin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est au milieu du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle que l'int&#233;r&#234;t pour cette disparition se cristallise. Paul Martin est &#224; l'origine de la th&#232;se de la &#171; guerre &#233;clair &#187;. Selon ce chercheur am&#233;ricain, l'expansion de sapiens, qu'il qualifie de &#171; pr&#233;dateur agressif &#187;, serait responsable de cette extinction. Les proies des r&#233;gions nouvellement colonis&#233;es, inadapt&#233;es et na&#239;ves, auraient &#233;t&#233; incapables de se d&#233;fendre contre le grand pr&#233;dateur qu'est sapiens. Selon lui, l'extermination de la m&#233;gafaune marque le d&#233;but de la &#171; Sixi&#232;me extinction &#187; qui se poursuit et s'acc&#233;l&#232;re de nos jours. Cette th&#233;orie sous-entendant que nous sommes destructeur et agressif par nature et certains n'h&#233;sitent pas &#224; affirmer qu'il nous est impossible de lutter contre notre nature destructrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; l'heure o&#249; la disparition de la biodiversit&#233; devrait alerter et mobiliser toutes les couches de la population pour trouver une solution v&#233;ritablement p&#233;renne et efficace, il est remarquable que cette th&#233;orie de la &#171; guerre &#233;clair &#187; soit r&#233;guli&#232;rement pr&#233;sent&#233;e comme acceptable par la presse scientifique et quotidienne. Ainsi, le 25 avril 2018, le journal Le Monde intitulait son article &#171; L'homme, tueur en s&#233;rie des grands mammif&#232;res &#187;. S'appuyant sur un article am&#233;ricain, l'auteur n'h&#233;site pas &#224; d&#233;signer sapiens nouveau chef d'orchestre de l'&#233;volution, responsable de la disparition des rhinoc&#233;ros laineux, des transformations des mammouths en &#233;l&#233;phants. L'homme est donc, comme bien souvent dans notre culture narcissique et androl&#226;tre, d&#233;tenteur d'un pouvoir sur la nature et sur toutes les esp&#232;ces. Et, narcissisme oblige, mieux vaut avoir un pouvoir destructeur que pas de pouvoir du tout. Mais qu'en est-il vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme le soulignent des chercheurs plus s&#233;rieux, pour pouvoir rendre compte de la rapidit&#233; ou non de l'extinction des esp&#232;ces au cours des derniers 100 000 ans, il faut dater de mani&#232;re pr&#233;cise et fiable un nombre important de fossiles. Actuellement il n'existe pas de datations pr&#233;cises et fiables ni un nombre de fossiles suffisamment important pour pouvoir croiser les donn&#233;es. C'est pourquoi toutes ces &#233;tudes sont bas&#233;es sur des estimations de populations de m&#233;gafaune, des mod&#232;les de &#171; colonisation &#187; par les populations sapiens, des sc&#233;narios plus ou moins catastrophiques de l'extinction de ces esp&#232;ces. Les r&#233;sultats obtenus sont essentiellement le fruit de donn&#233;es artificielles. D'autre part, il ne faut pas oublier que ce que l'on nomme m&#233;gafaune est une diversit&#233; d'esp&#232;ces dont les r&#233;gimes alimentaires et les &#233;cosyst&#232;mes ne sont pas comparables. Ne prendre en compte que les esp&#232;ces les plus grandes et lourdes, qui sont en g&#233;n&#233;ral les plus fragiles parce qu'elles se reproduisent lentement et que chaque port&#233;e comporte peu d'individus, biaise &#233;galement l'interpr&#233;tation que l'on peut avoir de cette extinction. En effet, la disparition &#224; la fin du Pl&#233;istoc&#232;ne concerne &#233;galement un certain nombre d'autres esp&#232;ces plus petites, tandis que certaines esp&#232;ces de poids sup&#233;rieur ou &#233;gal &#224; 45 kg ont surv&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2828 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH266/mega-4c31c.jpg?1694827189' width='500' height='266' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	La d&#233;finition m&#234;me de m&#233;gafaune est probl&#233;matique. Si ce terme d&#233;finit l'ensemble des mammif&#232;res terrestres dont le poids adulte est &#233;gal ou sup&#233;rieur &#224; 45 kg et qui ont disparu entre le Pl&#233;istoc&#232;ne sup&#233;rieur et le d&#233;but de l'Holoc&#232;ne, il est alors possible d'y int&#233;grer l'homme de Neandertal et de Denisova. Les derniers hommes de Neandertal sont connus dans le sud et le nord de l'Europe aux alentours de 36 000 avant le pr&#233;sent1, et plus particuli&#232;rement dans la grotte de Ant&#243;n en Murcie (Espagne) et la grotte de Spy (Belgique). Malgr&#233; l'absence de fossiles n&#233;andertaliens t&#233;moignant de mort violente, la th&#232;se de la &#171; guerre &#233;clair &#187; a longtemps domin&#233; les interpr&#233;tations pour expliquer sa disparition. Jusqu'&#224; il y a peu, il &#233;tait admis que les premiers sapiens &#233;taient arriv&#233;s en Europe vers 36 000 avant le pr&#233;sent, conduisant &#224; une rapide extinction de Neandertal. Il est aujourd'hui d&#233;montr&#233; que l'homme anatomiquement moderne est arriv&#233; beaucoup plus t&#244;t sur le continent Europ&#233;en, vers 45 000 avant le pr&#233;sent, soit 10 000 ans plus t&#244;t. La cohabitation entre ces deux hominin&#233;s a donc &#233;t&#233; beaucoup plus longue que ce que pr&#233;voyaient les sc&#233;narios il y a quelques dizaines d'ann&#233;es. La th&#232;se la plus admise actuellement est que Neandertal est un sapiens dont les rapports avec sapiens sapiens &#233;taient plus affectueux que conflictuels. Il est d&#233;sormais admis que les am&#233;liorations climatiques qui ont commenc&#233; vers 49 000 BP, ont rendu accessibles de nouveaux territoires dans lesquels se sont dispers&#233;s les groupes n&#233;andertaliens, isolant les populations jusqu'&#224; leur extinction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La disparition de la m&#233;gafaune est prise dans la m&#234;me probl&#233;matique que Neandertal. Lorsqu'il &#233;tait reproch&#233; &#224; Martin S. Paul qu'il y avait trop peu de sites associant armes de chasses et restes de m&#233;gafaune pour envisager une extermination, il d&#233;clarait que l'abattage avait &#233;t&#233; si rapide qu'il ne laissait aucune trace. Preuve que certains chercheurs n'h&#233;sitent pas &#224; faire fi des donn&#233;es mat&#233;rielles arch&#233;ologiques les plus &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La r&#233;gion la plus riche en vestiges osseux de grands mammif&#232;res, en nombre de dates radiocarbones obtenues directement sur les vestiges osseux, d'une richesse arch&#233;ologique, pal&#233;ontologique et environnementale permettant d'&#233;tudier de mani&#232;re fiable l'extinction de la fin du Pl&#233;istoc&#232;ne, est l'&#233;cor&#233;gion Pal&#233;arctique. Elle correspond essentiellement aux &#233;cor&#233;gions terrestres de l'Europe, de l'Afrique du Nord, des deux-tiers nord de l'Asie, et du Moyen-Orient. La vague d'extinction est document&#233;e d&#232;s 130 000 avant le pr&#233;sent. Chaque esp&#232;ce pr&#233;sente une mani&#232;re unique et complexe pour r&#233;pondre aux changements climatiques. Certaines disparaissent, comme l'ours des cavernes (Ursus spelaeus) dont le r&#233;gime strictement v&#233;g&#233;tarien ne lui permet pas de s'adapter &#224; un refroidissement des temp&#233;ratures, qui s'accompagne d'une diminution de la v&#233;g&#233;tation. L'ours brun (Ursus arctos) quant &#224; lui, dont le r&#233;gime est omnivore, survit. D'autres esp&#232;ces migrent, comme le l&#233;opard (Panthera pardus) qui survit encore en Afrique et en Asie du Sud-Est. &#192; l'heure actuelle, la cause la plus probable de l'extinction semble &#234;tre le profond changement climatique qui a eu lieu de mani&#232;re globale sur toute la plan&#232;te. Pr&#233;tendre que l'homme a toujours d&#233;truit et extermin&#233; son environnement est une mythification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;amou&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une histoire d'amour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Mais d'o&#249; provient donc cette fascination de notre culture pour les Grands chasseurs, les Grands pr&#233;dateurs ? Il est d'autant plus important de se poser cette question en cette p&#233;riode de chasse, et quand certains envisagent les chasseurs comme les premiers &#233;cologistes de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#171; Moi je chasse par amour &#187;, a dit l'ancien porte-parole de la F&#233;d&#233;ration nationale de la chasse, sur Europe 1 le 26 octobre 2018. Beaucoup se sont offusqu&#233;s, r&#233;cusant l'amour que cet homme ressentirait pour l'animal qu'il chasse et tue. Pourtant, on ne compte plus les crimes d'amour, les crimes passionnels : du viol &#224; la s&#233;questration et au meurtre. Ils sont presque toujours l'&#339;uvre d'hommes, envers les femmes, envers les autres esp&#232;ces, envers la nature. Amour et passion vont de pair depuis longtemps, trop longtemps peut-&#234;tre, &#224; chacun d'en juger. On se demande bien pourquoi l'amour a encore si bonne presse, pourquoi l'amour poss&#232;de encore ce pouvoir de leurre. De quel amour s'agit-il ? Quel amour nous vend-t-on ? Il est commun de dire que la chasse fait partie de la nature humaine et plus particuli&#232;rement de la nature masculine. Nous ne sommes pas dupes, l'ancien porte-parole de la F&#233;d&#233;ration nationale de la chasse peut bien affirmer que les femmes aussi aiment chasser, nous ne nous laisserons pas flatter par ce d&#233;sir intempestif de parit&#233;. Parce qu'il ne suffit pas qu'une femme s'enorgueillisse d'&#234;tre la premi&#232;re femme flic, ou chimiste ou militaire, qu'elle accepte le sale m&#233;tier de maton ou chanceli&#232;re pour qu'on puisse en d&#233;duire que toutes ces activit&#233;s font partie de la &#171; nature &#187; humaine. Parce que nous n'oublions pas, du moins certaines d'entre nous, que la nature humaine qu'ils cherchent tant &#224; r&#233;duire et d&#233;finir est celle d'Homo sapiens, esp&#232;ce nomm&#233;e par des m&#226;les, blancs et privil&#233;gi&#233;s, qui se r&#234;vaient &#8212; et se r&#234;vent encore &#8212; puissants et sup&#233;rieurs. Souvenons-nous que les femmes, les indig&#232;nes et les autres esp&#232;ces sont les premi&#232;res victimes de cette id&#233;ologie obs&#233;d&#233;e par les pyramides, les &#233;rections et les sacrifices. Mais avant de parler d'amour, parlons de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	J'ai lu les M&#233;ditations sur la chasse d'Ortega y Gasset, qui est &#171; le texte le plus souvent cit&#233; dans le monde sur le sujet de la chasse &#187;. &#192; l'origine, les M&#233;ditations sur la chasse &#233;taient un prologue demand&#233; par un aristocrate, ami du philosophe espagnol, pour un ouvrage intitul&#233; &#171; Vingt ans de grande Chasse &#187;. R&#233;dig&#233;es en 1942 par un homme qui ne chassait pas, ces m&#233;ditations sont inspir&#233;es des livres qui traitent de la chasse, de ce que les chasseurs et l'arch&#233;ologie de ce d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en disaient. Il s'inspire donc de la classe aristocratique qui a &#233;t&#233; la moins opprim&#233;e par son travail et a ainsi pu se consacrer &#224; des occupations moins rudes : telles que des concours &#233;questres et sportifs, des f&#234;tes, la danse, les rencontres sociales mais aussi celles que les rois et les nobles ont pr&#233;f&#233;r&#233;s : la chasse. &#187; Pour justifier leur amour de la chasse, il la d&#233;crivent comme un sport universel et plein de passion. Mais, nous apprend encore l'auteur des M&#233;ditations, compte tenu de la sup&#233;riorit&#233; de sapiens sur les autres esp&#232;ces, il est imp&#233;ratif pour l'homme de chasse de ne pas trop y m&#234;ler la raison. Parce que c'est avec la raison qu'on am&#233;liore nos techniques de chasse alors que la chasse exige de l'humilit&#233; pour ne pas exterminer tous ces animaux qui nous sont inf&#233;rieurs. La raison constitue donc le plus grand danger pour l'existence de la chasse. L'auteur nous dit que la chasse est un jeu du haut vers le bas, qu'elle exprime la hi&#233;rarchie zoologique, parce que la vie est un terrible conflit, un concours grandiose et atroce. On ne peut douter, &#224; la lecture de ces citations, du supr&#233;macisme humain qui caract&#233;rise cette vision du monde, et qui caract&#233;rise l'id&#233;ologie de la civilisation au moins depuis la scala natur&#230; d'Aristote, cette &#171; grande cha&#238;ne de la vie &#187;, ou &#171; grande &#233;chelle des &#234;tres &#187;, qui consid&#232;re l'&#234;tre humain comme une cr&#233;ature sup&#233;rieure. Et qui consid&#232;re, d'ailleurs, que l'homme est sup&#233;rieur &#224; la femme (Aristote consid&#233;rant que la femme est &#171; inf&#233;rieure par nature &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Si la chasse est un privil&#232;ge et une source de bonheur, nous dit Ortega, c'est parce qu'elle s'enracine au plus profond de notre pass&#233;, parce que nos anc&#234;tres s'y livraient int&#233;gralement. La cueillette &#233;tait aussi pratiqu&#233;e, mais pour Ortega, elle n'a jamais signifi&#233; grand-chose. La chasse aurait donc &#233;t&#233; l'unique activit&#233; de l'homme primitif. L'&#234;tre humain de la Pr&#233;histoire &#233;tait donc avant tout chasseur. L'homme devenu civilis&#233; s'est &#233;loign&#233; de son intimit&#233; originelle avec la nature. Chasser constituerait donc un retour vers l'intimit&#233; avec la nature, une vacance de l'humanit&#233;, et c'est pour cela que la raison ne doit pas s'en m&#234;ler. Quand l'homme chasse, il &#233;chappe &#224; sa condition de sapiens excessivement tourn&#233;e vers la raison pour renouer avec cette forme primitive de l'&#234;tre humain. C'est parce qu'il n'&#233;taient que chasseurs que les hommes de la Pr&#233;histoire peignaient ce qu'il chassaient. Mais, il est d&#233;sormais &#233;tablit que les peintures pr&#233;historiques ne repr&#233;sentent pas ce que les peuples du Pal&#233;olithique consommaient. Et r&#233;duire l'homme de la Pr&#233;histoire &#224; la chasse, c'est vite oublier l'importance que nos anc&#234;tres accordaient aux pierres qu'ils taillaient et la complexit&#233; m&#234;me des diff&#233;rentes techniques de taille. Comme l'affirme Fran&#231;ois Bordes, Pr&#233;historien du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'homme de la Pr&#233;histoire &#233;tait un homme comme nous. Mais, pour Ortega l'homme &#171; primitif &#187; est encore trop souvent assimil&#233; aux pulsions fondamentales, essentielles, profondes, de la vie, comme s'il n'avait pas accompli le saut &#171; qualitatif &#187; menant &#224; la culture.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2830 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L480xH320/scenes-de-chasse-en-baviere_petit-a4e51.jpg?1694827189' width='480' height='320' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	Ainsi, l'homme normal pour Ortega est celui qui peut se lib&#233;rer des activit&#233;s d'Homo faber, en exploitant les autres, pour se consacrer &#224; l'activit&#233; religieuse qu'est la chasse, qui l'unit mystiquement &#224; l'animal, et plus particuli&#232;rement &#224; l'animal qu'un jour il fut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ortega pr&#233;cise que c'est : &#171; &#8230; quand l'homme en a exclus d'autres de son terrain de chasse, quand il a marqu&#233; son territoire, qu'il a en m&#234;me temps d&#233;fini sa culture. [&#8230;] Ce qui coule au fond de toute chasse, ce sont des &#233;l&#233;ments orgiaques et dionysiaques. &#187; Il ajoute : &#171; La terre tach&#233;e de sang est comme maudite. Une guenille blanche tach&#233;e de sang n'est pas seulement r&#233;pugnante, elle nous semble viol&#233;e et son humble mat&#233;riel textile, d&#233;shonor&#233;. C'est l'effrayant myst&#232;re du sang ! [&#8230;] Quand il est vers&#233; et que le dedans essentiel sort dehors, une r&#233;action de d&#233;go&#251;t et de terreur se produit dans toute la nature, comme si la plus radicale absurdit&#233; avait &#233;t&#233; commise : ce qui est purement interne est devenu externe. [&#8230;] Il y a un cas o&#249; le sang ne produit pas ce d&#233;go&#251;t : c'est lorsqu'il jaillit de la croupe d'un taureau qui a &#233;t&#233; bien piqu&#233; et qu'il se r&#233;pand des deux c&#244;t&#233;s de l'animal. [&#8230;] Le sang a une puissance orgiaque in&#233;gal&#233;e. &#187; Il nous apprend que d&#233;shonorer et tuer ont une m&#234;me &#233;tymologie en espagnol et d&#233;signe l'activit&#233; du boucher et du tueur. Comme l'&#233;crivait Pierre Moinot dans les ann&#233;es 1950 : &#171; L'instinct de la chasse garde avec celui de l'amour l'obscure parent&#233; h&#233;rit&#233;e du temps o&#249; ils assuraient seuls la continuit&#233; de l'esp&#232;ce. &#187; Mais aux fantasmes de Pierre Moinot et de l'auteur des M&#233;ditations sur la chasse, je pr&#233;f&#232;re l'honn&#234;tet&#233; du Marquis de Sade : &#171; C'est une chose tr&#232;s diff&#233;rente que d'aimer ou que de jouir ; la preuve en est qu'on aime tous les jours sans jouir et qu'on jouit encore plus souvent sans aimer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La chasse, dans nos soci&#233;t&#233;s, est depuis bien longtemps une histoire de jouissance et non d'amour. Et la jouissance, dans une soci&#233;t&#233; patriarcale o&#249; le despote est un homme qui bande, est intimement li&#233;e au viol. Comment doit-on interpr&#233;ter cette phrase : &#171; La seule r&#233;ponse ad&#233;quate &#224; un &#234;tre qui vit obs&#233;d&#233; par la peur d'&#234;tre captur&#233; est de tenter de le capturer. &#187; Ortega nous livre ici, et malgr&#233; lui, l'obsession du m&#226;le dans toute soci&#233;t&#233; patriarcale : la pyramide, l'&#233;rection et le sacrifice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;mascu&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La masculinit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Ce mythe de l'homme primitif est souvent invoqu&#233; pour justifier une d&#233;finition de l'identit&#233; masculine. Francis Dupui-D&#233;ri, dans son ouvrage &#034;La crise de la masculinit&#233;, autopsie d'un mythe tenace&#034;, a analys&#233; et document&#233; ce qu'&#233;tait cette masculinit&#233; si souvent en crise dans les soci&#233;t&#233;s patriarcales. Ce qu'il a nomm&#233; le &#171; mythe de la caverne &#187; est un mythe tenace qui envisage les soci&#233;t&#233;s de chasseurs-cueilleurs comme des soci&#233;t&#233;s fortement divis&#233;e selon le genre : tandis que les hommes chassent, les femmes restent dans la sph&#232;re domestique. Certains auteurs, qui se pensent m&#234;me f&#233;ministes, vont jusqu'&#224; affirmer que cette division des t&#226;ches et ce patriarcat se perd dans la nuit des temps et aurait m&#234;me une origine g&#233;n&#233;tique. Pourtant, aucun site arch&#233;ologique de la Pr&#233;histoire, c'est-&#224;-dire avant l'apparition de l'agriculture, ne permet d'affirmer que ces groupes pratiquaient une quelconque division sexuelle des t&#226;ches. Cependant, comme le pr&#233;cise Francis Dupui-D&#233;ri, certains livres de psychologie populaire ne se privent pas pour faire r&#233;f&#233;rence &#224; la s&#233;paration sexuelles des t&#226;ches et affirment qu'il est dans la nature m&#234;me de l'homme de mettre en place des hi&#233;rarchies, de ma&#238;triser l'environnement, de diriger la famille et le couple et d'user de force. Francis Dupuis-D&#233;ri rend compte de la misogynie, du racisme et du fascisme qui s'alimentent &#224; ce mythe du grand pr&#233;dateur. Comme il le pr&#233;cise, la masculinit&#233; se d&#233;finit dans son opposition &#224; la f&#233;minit&#233;. Ainsi, pour ceux qui pr&#244;nent la masculinit&#233;, la f&#233;minisation castre les hommes qui perdent leur valeur masculine parce qu'il n'y a plus de chevaliers, d'explorateurs et de grands chasseurs. Les hommes seraient donc fait pour se battre, les femmes pour &#233;lever des enfants et soigner les hommes. Souvenons-nous que la chasse aux sorci&#232;res, &#233;tait une chasse men&#233;e contre des femmes accus&#233;es de faire dispara&#238;tre le p&#233;nis. C'est ce mythe qui permet &#224; des hommes comme Zemmour d'affirmer qu'il y a toujours une violence dans le rapport sexuel entre homme et femme, parce qu'il faut de la force, de la virilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'heure o&#249; les &#201;tats tombent les uns apr&#232;s les autres entre les mains de Trump, Bolsonaro et autre misogynes et pervers, il est temps de se questionner sur ce que nous racontent la &#171; guerre &#233;clair &#187;, le mythe du grand pr&#233;dateur, l'admiration pour les serial killer, et comment la masculinit&#233; s'y abreuve. Ce mythe de la &#171; guerre &#233;clair &#187; ressemble &#233;trangement &#224; l'arriv&#233;e des colons europ&#233;ens aux &#201;tats-Unis bien plus qu'&#224; une hypoth&#233;tique extermination des grands mammif&#232;res du Pl&#233;istoc&#232;ne. L'homme blanc, civilis&#233;, capitaliste, patriarcal, avec sa culture militaire, de colonisation, de domination et d'exploitation, est tellement narcissique qu'il pr&#233;f&#232;re &#234;tre responsable de la destruction du vivant que d'admettre son humble condition terrestre. Il s'est tellement convaincu lui-m&#234;me que le sapiens m&#226;le est d'une nature belliqueuse, guerri&#232;re et puissante qu'un certain nombre de nos contemporains sont devenus incapables de remettre en question ce mythe, incapables de comprendre que d'autres peuples, d'autres cultures n'envisagent pas la nature de l'homme sous le m&#234;me angle. L'Homo sapiens de la civilisation est semblable au chasseur maudit refusant d'arr&#234;ter le carnage, r&#233;clamant chaque jour son nouveau bain de sang. Tel un vampire il p&#233;n&#232;tre les demeures, viole les femmes, les enfants, hypnotise les esprits pour les plier &#224; son r&#232;gne de domination mortif&#232;re. Ce &#171; serial killer &#187; qui s'obstine &#224; confondre tuerie et chasse, chasse et sexe, passion et amour, naissance et mort, est en train de d&#233;truire la plan&#232;te parce qu'il s'est cr&#233;&#233; une nature &#224; l'image de sa culture meurtri&#232;re et narcissique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Nos anc&#234;tres chassaient des proies libres et sauvages. Il est m&#234;me tout &#224; fait possible que les hommes ne s'accaparaient ni la chasse ni la viande. Avec la domestication et la civilisation, l'homme n'est plus, et depuis des si&#232;cles, un pr&#233;dateur, Qu'ils chassent ou non, tous se nourrissent principalement d'&#234;tre domestiqu&#233;s et abattus par d'autres et en masse. Notre civilisation ne peut-&#234;tre autre chose qu'un abattoir, il suffit de jeter un &#339;il sur les 10 000 ans &#233;coul&#233;s : cirques, ar&#232;nes, zoos, abattoirs, chasse aux troph&#233;es, guerres, pollution, urbanisation, destruction des habitats, destruction du sauvage etc. L'acc&#233;l&#233;ration de ces massacres n'est pas le fruit d'une nature de pr&#233;dateur irresponsable mais d'un type d'hommes fa&#231;onn&#233;s dans un certain type de soci&#233;t&#233;. Trop nombreux encore sont ceux qui refusent d'entendre que la nature de l'animal humain ne se r&#233;duit pas au discours d'une &#233;lite obs&#233;d&#233;e par une jouissance d&#233;mesur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce qui d&#233;truit le vivant est un syst&#232;me socio-techno-&#233;conomique et il est temps de ne plus se laisser bercer par ce mythe pour se mettre s&#233;rieusement &#224; d&#233;manteler ce syst&#232;me et l'id&#233;ologie qui l'alimente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;biblio&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Martin, P.S. 1973, The discovery of America. Science 179.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Vandermeersch dir., Les neandertaliens, biologies et cultures, cths&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Price S., 2006, Arts primitifs, regards civilis&#233;s, Paris, &#201;cole nationale sup&#233;rieure des beaux-arts.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Francis Dupui-D&#233;ri, 2018, La crise de la masculinit&#233;, autopsie d'un mythe tenace.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ortega y Gasset, 1942, M&#233;ditations sur la chasse.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[Chronique radio] Le progr&#232;s en marche</title>
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		<dc:date>2018-11-08T11:18:05Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Dans un article de 1997, le sous-commandant Marcos de l'Arm&#233;e Zapatiste de Lib&#233;ration Nationale (EZLN), analyse la situation du Mexique et la g&#233;ostrat&#233;gie de la nouvelle donne internationale. Pour lui, la quatri&#232;me guerre mondiale a d&#233;j&#224; commenc&#233;. Le n&#233;olib&#233;ralisme, devenu syst&#232;me mondial, est une nouvelle guerre de conqu&#234;te de territoires. La guerre se livre d&#233;sormais entre grands centres financiers, sur des th&#233;&#226;tres mondiaux et avec une formidable et constante intensit&#233;. Des no man's (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un article de 1997, le sous-commandant Marcos de l'Arm&#233;e Zapatiste de Lib&#233;ration Nationale (EZLN), analyse la situation du Mexique et la g&#233;ostrat&#233;gie de la nouvelle donne internationale. Pour lui, la quatri&#232;me guerre mondiale a d&#233;j&#224; commenc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2821 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH261/safe_image.php-c7aa7.jpg?1694827189' width='500' height='261' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme, devenu syst&#232;me mondial, est une nouvelle guerre de conqu&#234;te de territoires. La guerre se livre d&#233;sormais entre grands centres financiers, sur des th&#233;&#226;tres mondiaux et avec une formidable et constante intensit&#233;. Des no man's lands ne cessent de cro&#238;tre et se multiplier au profit de quelques puissances (les &#201;tats-Unis, l'Union Europ&#233;enne, la Chine, le Japon). La crise &#233;conomique mondiale et la nouvelle r&#233;volution informatique acc&#233;l&#232;rent le d&#233;mant&#232;lement des &#233;tats-nations au profit d'un capitalisme international qui rend les pouvoirs publics impuissants. La vitesse de propagation de ce nouveau syst&#232;me a &#233;t&#233; si brutale qu'il est d&#233;sormais difficile, pour les &#201;tats nationaux, de d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts de la Nation. Ce nouvel ordre mondial n'accepte aucune forme de d&#233;mocratie, de libert&#233;, d'&#233;galit&#233; ou de fraternit&#233;. La sc&#232;ne plan&#233;taire est transform&#233;e en un nouveau champ de bataille o&#249; r&#232;gne le chaos. &#171; Les hyperbombes financi&#232;res &#187; servent &#224; attaquer les territoires (&#201;tats-nations) en d&#233;truisant les bases mat&#233;rielles de leur souverainet&#233;, en produisant leur d&#233;peuplement qualitatif et l'exclusion de tous les inaptes &#224; la nouvelle &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que subissent les peuples indig&#232;nes illustre cette strat&#233;gie : la population indig&#232;ne mondiale d'environ 300 millions de personnes vit dans des zones qui rec&#232;lent 60 % des ressources naturelles de la plan&#232;te. De multiples conflits &#233;clatent pour s'emparer de leurs terres, exploiter les ressources naturelles et d&#233;velopper le tourisme. Les territoires indig&#232;nes sont d'abord menac&#233;s par l'industrie du p&#233;trole, des mines, et du tourisme, puis par la pollution, la prostitution et les drogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette nouvelle guerre, les &#201;tats sont des entreprises, les hommes politiques des gestionnaires et la politique sert uniquement &#224; g&#233;rer l'&#233;conomie. L'unification du monde n'est autre que le d&#233;veloppement d'un unique march&#233;, et les nouvelles alliances r&#233;gionales ressemblent davantage &#224; une fusion commerciale qu'&#224; une f&#233;d&#233;ration politique. Dans ce gigantesque hypermarch&#233; plan&#233;taire ne circulent librement que les marchandises. Le crime organis&#233;, le gouvernement et les centres financiers sont tous intimement li&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique la violence est pr&#233;sente &#224; tous les niveaux. Les Accords d'Alena de 1994 ont eu des effets d&#233;sastreux. Autoris&#233;s &#224; exporter sans entraves, les &#201;tats-Unis ont inond&#233; ce pays de leur ma&#239;s subventionn&#233; et issu de l'agriculture intensive, engendrant une baisse des prix qui a d&#233;stabilis&#233; l'&#233;conomie rurale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Des millions de campesinos (paysans) expuls&#233;s des campagnes ont migr&#233; pour se faire embaucher dans des maquiladoras, o&#249; ils ont pes&#233; &#224; la baisse sur les salaires, ou ont tent&#233; de passer la fronti&#232;re et de s'installer aux &#201;tats-Unis. L'exode rural a &#233;galement exacerb&#233; les probl&#232;mes sociaux dans les villes mexicaines, conduisant &#224; une mont&#233;e en intensit&#233; de la guerre de la drogue. [&#8230;] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;parts massifs s'expliquent notamment par l'explosion du prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. L'usage croissant du ma&#239;s am&#233;ricain pour produire de l'&#233;thanol a fini par engendrer, au milieu des ann&#233;es 2000, une augmentation des prix, lourde de cons&#233;quences pour le Mexique, devenu d&#233;pendant des importations agricoles am&#233;ricaines. Le prix des tortillas &#8212; l'aliment de base dans ce pays &#8212; a bondi de 279 % entre 1994 et 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2017 la violence ne cesse de cro&#238;tre : plus de 25 000 morts en 2017 et une augmentation de 20 % est d&#233;j&#224; visible en 2018. Jusqu'&#224; tout r&#233;cemment, la capitale Mexico semblait avoir &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e par la violence des cartels, mais elle est rattrap&#233;e par ce ph&#233;nom&#232;ne. Un nombre important de journalistes, qui m&#232;nent des investigations destin&#233;es &#224; d&#233;noncer les complicit&#233;s entre gens de pouvoir, fonctionnaires, policiers et criminels dans la r&#233;gion proche de la fronti&#232;re, sont r&#233;guli&#232;rement assassin&#233;s. L'annonce de leur mort est accueillie dans la plus grande indiff&#233;rence. Les crimes demeurent impunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre L'Homme sans t&#234;te, Sergio Gonzalez Rodriguez analyse le ph&#233;nom&#232;ne de la d&#233;capitation &#224; partir de la d&#233;couverte de plus en plus fr&#233;quente au Mexique de corps sans t&#234;te ou de t&#234;tes tranch&#233;es expos&#233;es &#224; la vue de tous. C'est &#224; cette occasion qu'il rencontre un tueur &#224; gages sp&#233;cialis&#233; dans les d&#233;capitations. Le r&#233;sultat est un t&#233;moignage saisissant sur les usages rituels de la violence sous la protection de la Santa Muerte, un culte populaire adopt&#233; par des trafiquants de drogue, des militaires, des criminels, des marginaux et des pauvres dans les zones p&#233;riph&#233;riques du pays. L'impact des ex&#233;cutions est amplifi&#233; par les blogs et portails sp&#233;cialis&#233;s qui proposent les vid&#233;os des mises &#224; mort film&#233;es par leurs auteurs. La violence extr&#234;me des r&#232;glements de comptes entre criminels et trafiquants de drogue est fortement li&#233;e &#224; la corruption de l'&#201;tat lui-m&#234;me. Chaque ann&#233;e les cartels font passer plus de 25 milliards de dollars des &#201;tats-Unis vers le Mexique. Le narcotrafic constitue donc la principale source de devises du pays, devant les exportations de p&#233;trole (25 milliards de dollars) et les envois d'argent de r&#233;sidents &#224; l'&#233;tranger (&#233;galement 25 milliards de dollars). Cette manne alimente directement le syst&#232;me financier, colonne vert&#233;brale du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral. Tarir la source conduirait &#224; l'effondrement &#233;conomique du pays. En d'autres termes, le Mexique repose sur une narco-&#233;conomie, laquelle ne peut se maintenir sans le pilotage adapt&#233; d'un narco-&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute cette violence alimente le syst&#232;me &#233;conomique et id&#233;ologique de l'empire capitaliste. Mais cet empire ne peut fonctionner sans l'accord, plus ou moins tacite et conscient, d'un certain nombre d'individus. La peur est un moteur essentiel pour l'avanc&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme et de sa technologie meurtri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'individu de l'empire est un &#234;tre morcel&#233; et soumis &#224; des organisations g&#233;antes qui administrent son existence et sa vie mat&#233;rielle. Il est d&#233;pendant mentalement et concr&#232;tement de l'appareil de production industrielle, une vaste organisation nourrici&#232;re qui pr&#233;tend prot&#233;ger l'homme contemporain tant du manque mat&#233;riel que de l'angoisse du vide. Cette nourrice est &#224; l'image de la m&#232;re castratrice fantasm&#233;e par le patriarcat et mise au service du nombre par la bourgeoisie. Elle &#233;touffe et infantilise, cloisonne et rejette la r&#233;alit&#233; du monde. Depuis la cr&#233;ation de l'&#201;tat moderne, les classes dangereuses &#8211; prol&#233;taires, migrants, vagabonds et autres marginaux &#8211; ont toujours eu un statut d'objets. Nous sommes tous, chacun &#224; notre tour, appr&#233;hend&#233;s comme des patients, des criminels ou des marchandises. Avec le d&#233;veloppement de la biom&#233;trie le corps se r&#233;duit davantage, et le pouvoir exige des comportements automatiques. L'homme ne conna&#238;t plus l'exp&#233;rience des relations et des affects, ce qui engendre des attitudes d&#233;lirantes et monstrueuses, &#224; l'image de l'environnement autiste et irresponsable dans lequel il baigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de la libert&#233; qui domine les esprits depuis longtemps est celle de l'absence de contraintes, et en particulier celles relatives &#224; la nature et aux relations personnelles : &#202;tre le moins d&#233;pendant de la nature et des autres. Elle d&#233;coule directement d'une vision particuli&#232;re du monde, transmise de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, via les fictions familiales et historiques qui fa&#231;onnent nos subjectivit&#233;s. L'homme serait ainsi un loup pour l'homme, et rien que cela. La nature serait hostile, fasciste, dangereuse, et rien que cela. Le progr&#232;s que nous vend le capitalisme et le capitalisme lui-m&#234;me sont n&#233;s de cette fiction et de la peur qu'elle distille. Ainsi, notre conception de la libert&#233; est intimement li&#233;e &#224; notre peur de la nature et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les individus de l'empire, domin&#233;s par cette peur, sont devenus d&#233;pendants de la grande nourrici&#232;re qu'est l'industrialisation, ils craignent sa disparition et les no man's lands sont l&#224; pour leur rappeler que sans tout leur attirail de protections institutionnelles et technologiques ils seraient d&#233;capit&#233;s et viol&#233;s par des hordes sauvages, des bact&#233;ries, des virus ou des parasites. La r&#233;p&#233;tition des massacres est ass&#233;n&#233;e depuis des si&#232;cles sur tous les fronts et une seule solution nous est propos&#233;e : se plier &#224; l'automatisation ou agoniser sous la torture puisque &#171; depuis Auschwitz, la mort signifie avoir peur de quelque chose de pire que la mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'empire capitaliste, le monde &#8211; et donc tous les &#234;tres qui en rel&#232;vent, quels qu'ils soient &#8211; est compos&#233; de deux grands &#233;l&#233;ments : d'un c&#244;t&#233; les formes, les id&#233;es, les messages, les informations&#8230; et de l'autre, le d&#233;sordre, le hasard, l'entropie. D'un c&#244;t&#233; l'esprit, de l'autre, la mati&#232;re. L'entropie repr&#233;sente une violence fondamentale contre laquelle seule l'information permet de lutter&#8230; Et l'information se d&#233;verse, toujours plus num&#233;ris&#233;e, toujours plus binaire. Elle nous all&#232;ge du travail de la pens&#233;e, lisse et arrondit les angles de nos &#233;motions et d&#233;sirs, nous promet un bien-&#234;tre uniforme et universel, tous connect&#233;s comme une seule et m&#234;me machine jouissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui se passe au Mexique, au Congo, en Gr&#232;ce, ne tardera pas &#224; passer par-dessus les murs que l'empire &#233;rige pour se prot&#233;ger. Il est important de rappeler, que, conform&#233;ment aux demandes de l'institut europ&#233;en des statistiques Eurostat, le calcul du PIB fran&#231;ais int&#232;grera d&#233;sormais les ventes ill&#233;gales de drogue, au motif que ce sont des transactions commerciales librement consenties. De nombreux pays europ&#233;ens y int&#232;grent &#233;galement les richesses issues de la prostitution. La machine promise, le Paradism, cette fiction qui consiste &#224; croire que la libert&#233; c'est de laisser les machines travailler et penser pour nous, est en v&#233;rit&#233; le masque d'une &#233;lite qui souffre de maux bien plus terribles encore que le citoyen de l'empire, parce que l'&#233;lite ne sera jamais satisfaite, parce qu'elle ne sera jamais le Dieu qu'elle r&#234;ve &#234;tre, parce qu'elle est d&#233;nu&#233;e d'empathie et de piti&#233;&#8230; elle n'h&#233;sitera pas &#224; d&#233;vorer tout ceux qui la servent. Elle n'h&#233;site pas &#224; abrutir physiquement et moralement la masse par les nouvelles technologies pour dominer et maintenir son r&#232;gne. Que nous soyons consommateurs, victimes ou bourreaux, elle se r&#233;gale. Les cadavres sont marchandises, les cadavres sont recyclables. Le progr&#232;s que nous promet le capitalisme n'est autre que l'avanc&#233;e de l'horreur, du &#171; Viva la muerte &#187; que criaient les franquistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter contre cette id&#233;ologie qui nous infantilise, d&#233;truit la plan&#232;te et les Terriens, pour l'extirper de nos corps, nous devons affronter ces peurs, les nommer et les briser. Ce sont elles que nous devons domestiquer, et non les animaux, les v&#233;g&#233;taux, les vents, les atomes. Car la sant&#233; n'est pas un taux d'iode &#233;quilibr&#233;, la libert&#233; n'est pas la s&#233;curit&#233; de l'emploi, de l'habitat, des aliments. Sant&#233; et libert&#233; vont de pair, elles sont notre capacit&#233; physique, mentale, morale, &#224; vivre sur Terre. Le courage n'est pas accepter le lourd fardeau des si&#232;cles mais redevenir responsables de nos actes et pens&#233;es, parce que ce sont avec eux que nous agissons dans le monde et ils ne sont jamais inoffensifs. La solitude de l'homme n'existe que parce qu'il s'est ali&#233;n&#233; la nature et les autres esp&#232;ces, nous devons r&#233;apprendre &#224; vivre avec ces autres, ne plus craindre l'&#233;tendue des troupeaux et for&#234;ts sauvages, retrouver cet &#233;merveillement dont les peintures pr&#233;historiques t&#233;moignent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[Chronique radio] Les poup&#233;es du ventriloque</title>
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&lt;p&gt;Bibliographie Les femelles ont longtemps &#233;t&#233; l'invisible de l'&#233;thologie, de l'anthropologie, de la pr&#233;histoire, de l'histoire, de l'art. Tenues en laisse, musel&#233;es, confin&#233;es dans le cercle domestique, leurs corps ont &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;s, transform&#233;s, s&#233;lectionn&#233;s, et leur imaginaire mis au service de la domination masculine. &#192; la fois accus&#233;es de tous les maux et porteuses de tous les espoirs, de Pandore &#224; la Pi&#233;t&#224;, de la maman &#224; la putain, la femme est pour certains l'avenir de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2803 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2803 &#034; data-id=&#034;9afdc60515bded8385bf1d284e4b05a5&#034; src=&#034;IMG/mp3/les_poupees_du_ventriloque.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;#biblio&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2805 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L197xH194/les_poupees_petit-2-522fc.jpg?1694827189' width='197' height='194' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2805 '&gt;&lt;strong&gt;Avant l'aube, huile sur toile, Ana Minski
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Les femelles ont longtemps &#233;t&#233; l'invisible de l'&#233;thologie, de l'anthropologie, de la pr&#233;histoire, de l'histoire, de l'art. Tenues en laisse, musel&#233;es, confin&#233;es dans le cercle domestique, leurs corps ont &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;s, transform&#233;s, s&#233;lectionn&#233;s, et leur imaginaire mis au service de la domination masculine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; la fois accus&#233;es de tous les maux et porteuses de tous les espoirs, de Pandore &#224; la Pi&#233;t&#224;, de la maman &#224; la putain, la femme est pour certains l'avenir de l'homme, parce qu'elle est paix, amour, consolation, pour d'autre elle est seule responsable de sa chute : parce qu'elle est tentatrice, s&#233;ductrice, terrienne, trop terrienne. Objet extraordinaire, comme le dit L&#233;o Ferr&#233;, la femme entre les mains du m&#226;le dominant est toujours bonne &#224; panser les plaies du nomade chasseur que serait le m&#226;le sapiens depuis ses origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais d'o&#249; viennent donc ces certitudes quant &#224; la nature originelle du m&#226;le et de la femelle chez l'homme occidental moderne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En primatologie, qui inspire encore l'anthropologie et la sociobiologie, la hi&#233;rarchie de dominance a constitu&#233; le mod&#232;le d'organisation sociale majeur. Les r&#244;les sociaux &#233;taient ainsi distribu&#233;s en fonction du sexe : les m&#226;les &#233;taient les d&#233;fenseurs de la troupe, ils la poli&#231;aient et en assumaient l'ordre, ils en assuraient la stabilit&#233; et la paix et les relations &#233;taient tr&#232;s agressives et hi&#233;rarchis&#233;es. Les femelles &#233;taient des m&#232;res enti&#232;rement d&#233;vou&#233;es &#224; leurs petits, sexuellement soumise &#224; la disposition des m&#226;les en fonction du rang de ces derniers. Dans les ann&#233;es 1970, le concept de dominance a &#233;t&#233; fortement remis en question par les femmes primatologues. Thelma Rowell remet totalement en cause l'existence non seulement de la hi&#233;rarchie mais &#233;galement celle de la comp&#233;tition et de l'agressivit&#233;. Si les primates sont agressifs, c'est parce que le chercheur, pour mieux les observer, modifie les conditions habituelles d'obtention de la nourriture. Dans les ann&#233;es 60, les femmes n'ont pas acc&#232;s aux carri&#232;res universitaires, elles sont donc cantonn&#233;es aux recherches sur le terrain. Elles restaient de ce fait plus longtemps et pratiquaient des m&#233;thodes d'habituation moins intrusives. Jane Goodall est un cas un peu &#224; part dans la mesure o&#249; elle a cr&#233;&#233; des sites d'approvisionnement pour pallier aux conditions impossibles de son terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La comparaison entre peuple chasseur-cueilleurs actuels et hommes pr&#233;historiques est &#233;galement riche d'enseignement. S'appuyant sur les &#233;tudes ethnologiques des peuples indig&#232;nes certains auteurs n'h&#233;sitent pas &#224; affirmer que d&#232;s le Pal&#233;olithique la domination masculine existait. Toute hi&#233;rarchisation trouverait ainsi son origine dans la division sexuelle des t&#226;ches qui seraient le propre de l'esp&#232;ce humaine. Pourtant, si l'on s'en tient aux vestiges arch&#233;ologiques il nous est impossible d'affirmer qu'une division sexuelle des t&#226;ches existait d&#232;s notre plus lointain pass&#233;. Les s&#233;pultures, plus pr&#233;sentes &#224; l'&#233;poque du gravettien, ne t&#233;moignent pas en faveur d'une hi&#233;rarchisation des sexes au Pal&#233;olithique. De plus, s'il existe effectivement une diff&#233;rence entre femme et homme chez les peuples indig&#232;nes, il est important de signaler que ces peuples ont une histoire et que la confrontation avec l'homme blanc n'a pu se faire sans heurt, sans violence, sans modification significative des traditions. Si, comme cela est le cas actuellement chez la quasi totalit&#233; des peuples indig&#232;nes, les armes tranchantes sont interdites aux femmes, cela ne signifie nullement que cette interdiction d&#233;coule de l'essence de la femme. S'emparer des armes et les interdire est le meilleur moyen d'exploiter l'autre, capter les armes est donc une strat&#233;gie non une erreur, une inconscience ou un instinct. Les hommes de la Pr&#233;histoire ou les indig&#232;nes ne sont pas moins rationnels que les hommes modernes. Inscrire la domination masculine dans les origines m&#234;me de l'humanit&#233;, comme &#233;tant le propre de l'esp&#232;ce, c'est croire en une &#233;volution finaliste qui &#339;uvre pour le bien de l'homme et plus particuli&#232;rement pour le m&#226;le. Ce dernier, apr&#232;s quelques centaines d'ann&#233;es de r&#233;flexion intellectuelles et universitaires serait enfin conscient de la domination qu'il exerce et, g&#233;n&#233;reux, il offre enfin, mais au compte goutte, l'&#233;galit&#233; aux indig&#232;nes, aux femmes et peut-&#234;tre aux animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais de quelle &#233;galit&#233; s'agit-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Comme le dit Carla Lonzi : &#171; L'&#233;galit&#233; est ce que l'on offre aux colonis&#233;s sur le plan des lois et des droits. Et ce qu'on leur impose sur le plan de la culture. Et le principe &#224; partir duquel l'h&#233;g&#233;monique ne cesse de conditionner le non-h&#233;g&#233;monique. Le monde de l'&#233;galit&#233; est le monde de l'&#233;crasement l&#233;galis&#233;, de l'unidimensionnel. L'&#233;galit&#233; entre les sexes est aujourd'hui le masque qui dissimule l'inf&#233;riorit&#233; de la femme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La civilisation, l'extension des villes, est une grande battue qui pousse la proie vers les lieux o&#249; elle sera captur&#233;e. Cette proie est tout ce qui refuse de s'identifier au P&#232;re des nations, des villes, des capitales, tout &#234;tre qui refuse de montrer patte blanche au Saint Lieu de la domestication. &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=gcevY3Xd-Yo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La femme ne pond pas des &#339;ufs&lt;/a&gt; mais elle est dans la basse-cour avec des coqs trop promptes &#224; partir au combat et qui chantent l'amour pour mieux &#233;craser l'adversaire qu'ils se sont invent&#233;. Il est temps pour les poules de s'allier aux autres animaux de la basse-cour et aux poulets qui r&#234;vent d'autre chose que de phallus d'acier pour rendre impossible toute nouvelle prise de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;biblio&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vinciane Despret, &lt;a href=&#034;https://orbi.uliege.be/handle/2268/205041&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Quand les m&#226;les dominaient&#8230;&lt;/a&gt;
Carla Lonzi, Crachons sur Hegel
&lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2018/02/la-matriarche-la-cuisiniere-lamazone-des-histoires-pour-les-hommes-par-ana-minski/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La matriarche, la cuisini&#232;re et l'amazone : des histoires pour les hommes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[Chronique radio] Science et ali&#233;nation</title>
		<link>https://vivreencomminges.org/Chronique-radio-Science-et.html</link>
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		<dc:date>2018-05-13T16:00:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		
		



		<description>
&lt;p&gt;J'ai parl&#233; &#224; plusieurs reprises de &#171; l'ontologie naturaliste &#187;, identifi&#233;e par Philippe Descola dans son ouvrage Par-del&#224; nature et culture, et qui caract&#233;rise notre civilisation occidentale. Le terme ontologie d&#233;finit dans ce cas pr&#233;cis une conception du monde, une mani&#232;re de voir et d'interpr&#233;ter le monde. Dans nos soci&#233;t&#233;s dites modernes nous envisageons une continuit&#233; entre humains et non-humains par des lois physiques universelles mais nous accordons &#224; l'homme, et &#224; lui seul, la facult&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'ai parl&#233; &#224; plusieurs reprises de &#171; l'ontologie naturaliste &#187;, identifi&#233;e par Philippe Descola dans son ouvrage Par-del&#224; nature et culture, et qui caract&#233;rise notre civilisation occidentale. Le terme ontologie d&#233;finit dans ce cas pr&#233;cis une conception du monde, une mani&#232;re de voir et d'interpr&#233;ter le monde. Dans nos soci&#233;t&#233;s dites modernes nous envisageons une continuit&#233; entre humains et non-humains par des lois physiques universelles mais nous accordons &#224; l'homme, et &#224; lui seul, la facult&#233; de les surpasser pour les ma&#238;triser. L'homme seul serait donc capable de s'extraire de l'instinct et de la nature.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2792 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_document_avec_legende player&#034; data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2792 &#034; data-id=&#034;e3546fa5ec676652125a42a7e2485c7b&#034; src=&#034;IMG/mp3/chronique_ana.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2792 '&gt;&lt;strong&gt;Science et ali&#233;nation
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript102742265869ea6b5a21ef22.33833874&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzI4Mzc2NzE0JyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3MjgzNzY3MTQnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;#mat&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;L'homme contre la mati&#232;re&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#sacr&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;L'animal sacrifi&#233;&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#alie&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;L'ali&#233;nation industrielle&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#biblio&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette conception du monde est une construction religieuse, scientifique et &#233;conomique, fond&#233;e sur un androcentrisme qui s&#233;pare et oppose l'homme et les Autres : femme, esclaves, primitifs, animaux, plantes ; qui s&#233;pare la nature et la culture, la mati&#232;re et l'esprit. Elle trouve son origine d&#232;s l'Antiquit&#233; et se d&#233;veloppera avec le christianisme et le d&#233;veloppement scientifique du XVII&#232; si&#232;cle. L'homme devient observateur et transformateur d'une nature rabaiss&#233;e au rang d'objet neutre, connaissable et exploitable &#224; volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;mat&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'homme contre la mati&#232;re&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L431xH431/giotto_petit-b6c7d.jpg?1694827190' width='431' height='431' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2794 '&gt;&lt;strong&gt;Giotto, Le jugement dernier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; D&#232;s l'Antiquit&#233; la civilisation hell&#233;niste, in&#233;galitaire et ethnocentr&#233;e, diff&#233;rencie l'homme des Autres : les femmes, les enfants, les non-occidentaux. Cette diff&#233;renciation est la mise en pratique du dualisme corps et esprit que l'on retrouve chez Platon qui envisage le corps comme la prison de l'&#226;me : &#171; Tant que nous aurons notre corps et que notre &#226;me sera embourb&#233;e dans cette corruption, jamais nous ne poss&#233;derons l'objet de nos d&#233;sirs, c'est-&#224;-dire la v&#233;rit&#233;. &#187; (Ph&#233;don)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle av. J.-C., l'individuation de certaines entit&#233;s du monde, syst&#233;matis&#233;e par Aristote, permet de faire surgir un objet d'enqu&#234;te original : la Nature en tant que somme des &#234;tres soumis &#224; des lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La sup&#233;riorit&#233; de l'homme se consolide d&#232;s les d&#233;buts du christianisme avec la notion de r&#233;surrection des hommes qui &#233;merge au V&#176; si&#232;cles av. J.-C.. L'&#233;cart avec l'animal se creuse encore un si&#232;cle plus tard lorsque le concept de spiritualit&#233; et d'immortalit&#233; de l'&#226;me humaine est &#233;voqu&#233; dans le Livre de la Sagesse. Influenc&#233; par la distinction platonicienne du corps et de l'&#226;me dont la nature est intellectuelle et immat&#233;rielle, le Nouveau Testament prolonge ce processus. D&#232;s les origines, l'image de la b&#234;te est forg&#233;e en opposition &#224; celle de l'homme. Saint Augustin, dont la philosophie domine sans partage le christianisme jusqu'au XIII&#176; si&#232;cle envisage &#233;galement l'&#226;me comme la partie sup&#233;rieure de l'homme, ind&#233;pendante du corps, spirituelle, source de la connaissance intellectuelle, image du Dieu de la Gen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Saint Thomas d'Aquin hi&#233;rarchise les cr&#233;atures et introduit des diff&#233;rences de nature dans les aptitudes : l'homme est un &#234;tre de raison, l'animal un &#234;tre d'instinct. Il faut alors imposer un dieu transcendant contre les divinit&#233;s pa&#239;ennes, voire zoomorphes, et combattre tout panth&#233;isme ou tot&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette conception contribue &#224; installer le dualisme mati&#232;re-esprit qui structure toute la vision chr&#233;tienne de l'univers. Elle s&#233;pare l'homme, cr&#233;ature c&#233;leste, des cr&#233;atures d&#233;finitivement attach&#233;es &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;sacr&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'animal sacrifi&#233;&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2790 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L359xH441/gustave_dore_chaperon_rouge_petit-f9a4d.jpg?1694827190' width='359' height='441' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2790 '&gt;&lt;strong&gt;Gustave Dor&#233;, le petit chaperon rouge
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	Avec l'abandon des sacrifices, des abattages rituels et des interdits alimentaires le christianisme renvoie le monde animal, et par lui toute la nature, dans le profane. L&#224; encore, la b&#234;te devient un objet, &#224; utiliser cette fois-ci pour les besoins du quotidien. Pour tous, il est &#233;vident qu'elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour le bien de l'homme, centre et ma&#238;tre de la cr&#233;ation. Les b&#234;tes farouches sont retir&#233;es dans les solitudes et les for&#234;ts, celles des champs sont pr&#234;tes &#224; donner leurs produits et celles des villes &#224; proposer leurs loyaux services. Toute activit&#233; est ainsi justifi&#233;e, toute exploitation l&#233;gitim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La th&#233;orie de l'animal machine de Descartes est &#224; la mode aux XVII&#176;-XVIII&#176; si&#232;cles parmi le clerg&#233; catholique. Elle nie l'existence de la douleur chez les b&#234;tes qui peuvent ainsi &#234;tre utilis&#233; &#224; volont&#233; et cela au moment m&#234;me o&#249; la science occidentale commence une entreprise de ma&#238;trise du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; cette supr&#233;matie de l'homme s'ajoute l'invention du t&#233;lescope qui modifie la vision du monde. L'homme peut d&#233;sormais consid&#233;rer la nature terrestre du point de vue de l'univers. Le monde terrestre s'est ainsi r&#233;tr&#233;ci et en abolissant les distances l'esprit humain s'est &#233;loign&#233; de la Terre. L'homme est devenu capable d'arpenter et de mesurer mais il a &#233;t&#233; rejet&#233; en lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au lieu d'observer les ph&#233;nom&#232;nes naturels tels qu'ils lui sont donn&#233;s, il place la nature dans les conditions de son entendement. Cette ext&#233;riorit&#233; de l'homme rendra possible l'&#233;mergence, au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, d'une science de l'ordre et de la mesure qui r&#233;partit les objets selon des classifications formelles. Chaque &#233;l&#233;ment est automatiser afin d'en discerner les lois m&#233;caniques et de penser le monde comme une machine dont les rouages peuvent &#234;tre d&#233;mont&#233;s par les savants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et c'est depuis que certains hommes r&#234;vent la math&#233;matisation de la perception et de toute connaissance empirique, r&#233;duisant les donn&#233;es des sens et les mouvements terrestres en symboles math&#233;matiques. Par la force de la th&#233;orie ils esp&#232;rent surmonter la condition humaine terrestre. La th&#233;orie devient hypoth&#232;se et la r&#233;ussite de l'hypoth&#232;se devient v&#233;rit&#233;. La distinction entre laboratoire et conditions biologiques se r&#233;duisent jusqu'&#224; r&#233;duire le vivant en machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les liens entre homme-machine et conception &#233;volutionniste de la cr&#233;ation sont d&#232;s lors visible. La communaut&#233; catholique, &#224; partir des ann&#233;es 1940 et sous l'impulsion du j&#233;suite Teilhard de Chardin, transforme l'animal en cr&#233;ature du pass&#233;, qui doit se sacrifier pour permettre &#224; l'homme de progresser, et justifie une exploitation industrialis&#233;e. Aimer et prot&#233;ger l'animal est interpr&#233;ter comme un renoncement au destin supraterrestre de l'homme. On ne peut s'attacher &#224; des cr&#233;atures mat&#233;rielles sans renier la nature spirituelle de l'homme, sa place &#224; part dans la cr&#233;ation. La supr&#233;matie de l'homme sacralise sa propension &#224; se croire diff&#233;rent et transforme en commandement divin son aspiration &#224; la ma&#238;trise de la nature. La machine est la nouvelle promesse de l'homme divin qui se r&#234;ve pur esprit. Connecter les uns aux autres, ils r&#234;vent une entit&#233; spirituelle immortelle, une m&#233;moire r&#233;duite &#224; l'histoire de la civilisation occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;alie&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ali&#233;nation industrielle&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH250/spilliaert_petit-85768.jpg?1694827190' width='500' height='250' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2793 '&gt;&lt;strong&gt;Leon Spilliaert, Portrait
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; L'id&#233;e de science au sens contemporain &#233;merge au cours du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle occidental et europ&#233;en quand l'activit&#233; scientifique devient indispensable pour am&#233;liorer les proc&#233;d&#233;s de production industrielle. Comme l'indique Carnino dans son ouvrage L'invention de la science, la quasi-totalit&#233; des travaux scientifiques ont toujours &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s en liens tr&#232;s &#233;troits avec les exigences industrielles et &#233;conomiques de leur temps. Cette science &#233;merge en un sens tr&#232;s pr&#233;cis qui vise &#224; r&#233;soudre des probl&#232;mes sociaux et politiques. L'id&#233;e de science s'impose pour faire entendre aux populations qu'il y a n&#233;cessit&#233; de ne pas discuter certains choix technologiques et industriels. Et autour de cette id&#233;e de science, on invente toute une mythologie qui entoure par exemple Galil&#233;e ou Newton et invente la vision d'une science pure, libre de toute influence id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La vision du monde occidental, bas&#233;e sur la sup&#233;riorit&#233; de l'homme, l'exproprie de la nature et de la terre. Ali&#233;n&#233; philosophiquement de son environnement, il adapte la science &#224; cette philosophie qui le mutile d'une part cons&#233;quente de lui-m&#234;me. Nombreux sont les scientifiques atteint de ce mal et qui se mettent au service de cette folie de domination, de gloire et de destruction du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On n'a pas assez r&#233;fl&#233;chi sur l'influence qu'a pu avoir la repr&#233;sentation du paradis dans l'imaginaire collectif, car ce monde sans b&#234;tes a &#233;t&#233; propos&#233;, des g&#233;n&#233;rations durant, comme l'arch&#233;type d'un habitat qui serait enfin celui de l'homme, et de lui seul. Or c'est bien ce mod&#232;le que l'occident a r&#233;alis&#233; lorsqu'il en a eu les moyens techniques avec la r&#233;volution industrielle, en r&#233;duisant la faune sauvage, en licenciant les animaux de trait ou en inventant l'&#233;levage industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Soutenir que l'animal et la nature sont acteur et non objet contredit une conception moderne tr&#232;s ancr&#233;e, notamment parmi les &#233;lites intellectuelles. Le mythe de la science pure a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour maintenir un syst&#232;me d'exploitation et de ma&#238;trise du vivant au profit de l'&#233;lite. Replacer l'homme dans la nature et montrer la complexit&#233; de ses relations avec ces Autres si longtemps d&#233;valu&#233;s pour mieux les exploiter devient indispensable pour lutter contre la catastrophe &#233;cologique en cours. Nous ne pourrons sortir de l'impasse industrielle si nous ne nous penchons pas avec humilit&#233; et respect sur les mani&#232;res dont ces Autres vivent, appr&#233;hendent la nature, s'adaptent, agissent. Ces Autres sont les peuples qui ont su, gr&#226;ce aux philosophies biocentriques, garder le sens de l'&#233;quilibre tant vis &#224; vis des autres esp&#232;ces vivantes que vis-&#224;-vis des autres soci&#233;t&#233;s humaines ; ces Autres sont aussi les animaux, les plantes, les pierres&#8230; et comme l'&#233;crit &#201;lis&#233;e Reclus dans son ouvrage Histoire d'une montagne : &#171; Ce que j'appris, je le dois &#8230; &#224; la collaboration de l'insecte rampant, &#224; celle du papillon et de l'oiseau chanteur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2791 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L473xH656/caliban_redon_petit-59aef.jpg?1694827190' width='473' height='656' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2791 '&gt;&lt;strong&gt;Odilon Redon, Caliban
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;biblio&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Eric Baratay, Le point de vue animal, une autre version de l'histoire&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a href=&#034;http://partage-le.com/2018/03/9133/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hannah Arendt, Condition de l'homme moderne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Carnino, L'invention de la science&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[Chronique radio] Des V&#233;nus aux indig&#232;nes</title>
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		<dc:date>2018-04-17T18:51:46Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Sommaire : V&#233;nus primitive, V&#233;nus pr&#233;historiques La peur du sauvage De l'esclavage au n&#233;ocolonialisme Conclusion Bibliographie Lors de la pr&#233;c&#233;dente &#233;mission j'ai &#233;voqu&#233; les repr&#233;sentations humaines au Pal&#233;olithique sup&#233;rieur europ&#233;en et les derni&#232;res recherches de Cl&#233;ment Birouste qui interpr&#232;te les figurations pr&#233;historiques des Pyr&#233;n&#233;es comme des t&#233;moins d'une cosmologie animiste. Pour rappel, l'animisme est une cosmologie tr&#232;s pr&#233;sente chez les peuples (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L483xH253/zoos_humains_3-f613a.jpg?1694827190' width='483' height='253' alt='Zoos humains' title='Zoos humains' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_2774 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_document_avec_legende player&#034; data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2774 &#034; data-id=&#034;d9010badd3b7daf5709ed86cb1c8e2fc&#034; src=&#034;IMG/mp3/vec103_3avril2018_chroniqueana_anthropologie_prehistoire_hierarchisations.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2774 '&gt;&lt;strong&gt;Des V&#233;nus aux indig&#232;nes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript102742265869ea6b5a21ef22.33833874&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzI4Mzc2NzE0JyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3MjgzNzY3MTQnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;#venu&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;V&#233;nus primitive, V&#233;nus pr&#233;historiques&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#peur&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;La peur du sauvage&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#escl&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;De l'esclavage au n&#233;ocolonialisme&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#conc&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Conclusion&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#biblio&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la pr&#233;c&#233;dente &#233;mission j'ai &#233;voqu&#233; les repr&#233;sentations humaines au Pal&#233;olithique sup&#233;rieur europ&#233;en et les derni&#232;res recherches de Cl&#233;ment Birouste qui interpr&#232;te les figurations pr&#233;historiques des Pyr&#233;n&#233;es comme des t&#233;moins d'une cosmologie animiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rappel, l'animisme est une cosmologie tr&#232;s pr&#233;sente chez les peuples am&#233;rindiens. Les &#234;tres vivants (animaux, plantes, humains et certains objets) ont une &#226;me capable de discernement rationnel et de jugement moral et le corps n'est qu'une envelope recouvrant des int&#233;riorit&#233;s similaires. La plupart des existants sont r&#233;put&#233;s s'organiser selon des modalit&#233;s analogues &#224; celles des humains : ils ont leur maison, leurs chefs, leurs chamans etc. et la communication entre humain et non humain est possible par le r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette cosmologie est en opposition avec la conception du vivant qui domine
notre civilisation. Les occidentaux sont les seuls a avoir th&#233;oris&#233; une hi&#233;rarchisation des &#234;tres humains et souvent, cette th&#233;orisation s'est construite &#224; l'aide de la science. La science est le reflet de la soci&#233;t&#233; et la Pr&#233;histoire a parfois particip&#233; ou &#233;t&#233; utilis&#233;e pour alimenter des conceptions discriminantes et racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;venu&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;V&#233;nus primitive, V&#233;nus pr&#233;historiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vers 1860 &#201;douard Lartet, pal&#233;ontologue et pr&#233;historien, d&#233;veloppe les premi&#232;res classifications d'apr&#232;s les esp&#232;ces mammif&#232;res qui se succ&#232;dent au sein des gisements. En 1869, Gabriel de Mortillet, arch&#233;ologue et anthropologue, divise la Pr&#233;histoire en 14 &#233;poques successives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res figurations f&#233;minines du Pal&#233;olithique sont d&#233;couvertes &#224; la
m&#234;me &#233;poque et nomm&#233;es &#171; V&#233;nus &#187; en r&#233;f&#233;rence &#224; Sarah Baartman dite la &#034;V&#233;nus Hottentote&#034;. Ces statuettes sont imm&#233;diatement investie d'une valeur mythique et originelle, traduisant la vision lin&#233;aire de l'&#233;volution qui dominait alors. C'est ainsi qu'Edouard Piette, en 1894, distingue deux races : les st&#233;atopyges, et les ast&#233;atogynes plus civilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L236xH366/laussel-4c57c.jpg?1694827190' width='236' height='366' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2777 '&gt;&lt;strong&gt;V&#233;nus de Laussel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1810 que Sarah Baartman est emmen&#233;e d'Afrique du Sud &#224; Londres et exhib&#233;e dans toute l'Angleterre avant d'&#234;tre expos&#233;e en 1814 &#224; Paris. Elle est expos&#233;e nue pour trois francs l'entr&#233;e par un montreur d'animaux puis au jardin du roi devant un parterre de naturaliste ((G. Cuvier, E. G. Saint-Hilaire, H. de Blainville). Morte &#224; l'&#226;ge de 25 ans en 1815, son corps a &#233;t&#233; autopsi&#233; par G. Cuvier pour l'Acad&#233;mie royale de m&#233;decine. Son squelette, et deux bocaux contenant son sexe et son cerveau seront expos&#233;s au Mus&#233;e de l'Homme jusqu'en 1976. Ses restes seront restitu&#233;s &#224; l'Afrique du Sud en 2002. En 1889, le directeur du cabinet d'anthropologie, le docteur Letourneau, d&#233;clare &#171; L'anthropologie anatomique nous apprend que les races n&#232;gres sont au bas de l'&#233;chelle et les races blanches au sommet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;peur&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur du sauvage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est en usant d'images, de r&#233;cits et d'&#233;motions, qu'une repr&#233;sentation in&#233;gale des races se construit. Un des moyens de construire cette sup&#233;riorit&#233; est de mettre en sc&#232;ne les sauvages. Ainsi, lors de l'exposition universelle de 1889 la reconstitution, aux pieds de la Tour Eiffel toute neuve, de village africains dont les occupants sont &#224; moiti&#233; nu fonde, &#224; cette &#233;poque de pudibonderie, la distinction entre blancs civilis&#233;s et sauvages de couleur. Depuis plus de dix ans au Jardin zoologique d'acclimatation des hommes d'Afrique, de Sib&#233;rie, des Andes, &#233;taient exhib&#233;s comme des animaux. En France, les exhibitions d'&#234;tres humains se d&#233;roulent au jardin d'acclimatation de Paris de 1877 jusqu'en 1893, et ce sont plus de 30 millions de fran&#231;ais qui iront, en famille, observer les humains dans les zoos.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH436/buchmen-f6ca2.jpg?1694827190' width='500' height='436' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette &#233;poque, la grande majorit&#233; des Occidentaux ont donc eu leurs premiers contacts avec les populations indig&#232;nes &#224; travers une grille, une barri&#232;re, un enclos. Le but &#233;tait de placer les &#234;tres humains exhib&#233;s au m&#234;me niveau que les animaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la construction d'une race sup&#233;rieure est th&#233;oris&#233;e au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le sentiment de sup&#233;riorit&#233; de l'homme blanc existe depuis bien plus longtemps dans la pens&#233;e de nombreux occidentaux. Ce n'est pas un hasard si c'est par le corps de la femme, les v&#233;nus st&#233;atopyge, que les races sont d&#233;crites. Nul n'ignore que la femme a longtemps &#233;t&#233; per&#231;u comme une esp&#232;ce diff&#233;rente de l'homme, esp&#232;ce inf&#233;rieure bien s&#251;r, proche de l'animal et de l'immanence de la nature. Ainsi, l'image du sauvage, de la femme, de l'animal, de l'enfance de l'humanit&#233; sont-&#173;elles li&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les hordes primitives&lt;/h2&gt;&lt;div class='spip_document_2775 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH383/keaton_2-d2e5a.jpg?1694827190' width='500' height='383' alt='Les trois &#226;ges, Buster Keaton' title='Les trois &#226;ges, Buster Keaton' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;tonnant de constater &#224; quel point cette vision de la femme est pr&#233;sente chez les femmes elle&#173;-m&#234;me, jusque chez les th&#233;oriciennes du f&#233;minisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1948, Simone de Beauvoir publie Le Deuxi&#232;me sexe. Elle y d&#233;crit les hommes de la pr&#233;histoire, avant la s&#233;dentarisation et l'agriculture, comme des &#034;hordes primitives&#034; dans lesquelles les femmes &#233;taient, pour des raisons pratiques, asservies &#224; la reproduction. Si Beauvoir reconna&#238;t &#224; l'homme la capacit&#233; de &#171; reprendre la nature &#224; son compte&#034; pour la modeler selon ses besoins et ses d&#233;sirs, la femme quant &#224; elle est soumise &#224; sa condition biologique qui l'a mise &#171; dans la d&#233;pendance du m&#226;le &#187;. La maternit&#233;, per&#231;ue comme handicap, n&#233;cessite la protection des guerriers. La femme de la Pr&#233;histoire encha&#238;nerait donc les grossesses : &#171; la f&#233;condit&#233; absurde de la femme l'emp&#234;chait de participer activement &#224; l'accroissement des ressources, tandis qu'elle cr&#233;ait ind&#233;finiment de nouveaux besoins. N&#233;cessaire &#224; la perp&#233;tuation de l'esp&#232;ce, elle la perp&#233;tuait avec trop d'abondance : c'est l'homme qui assurait l'&#233;quilibre de la production et de la reproduction. &#187; (p.111) Pour Beauvoir, c'est la femme qui est l'unique responsable de la procr&#233;ation. Pourtant, et cela &#233;tait connu d&#232;s les ann&#233;es 50, ce sont chez les peuples de chasseurs&#173;-cueilleurs que les naissances sont le plus contr&#244;l&#233;s afin de maintenir des petites communaut&#233;s mobiles en conformit&#233; avec les ressources de leur territoire. Pour Beauvoir, la femme &#171; subit passivement son destin biologique &#187;. Beauvoir est victime de la vision bourgeoise de son &#233;poque, vision qui se r&#233;percute sur les &#233;tudes pr&#233;historiques et ethnologiques. Ainsi, la femme est l'invisible de l'ethnologie et de la pr&#233;histoire, elle est donc incapable d'une quelconque innovation et c'est l'homme qui est l'unique acteur &#233;conomique et social. Beauvoir consid&#232;re, comme le m&#226;le dominant de son &#233;poque, que lui seul invente, chasse, p&#234;che, collecte, conquiert, mod&#232;le la face du monde. La femme est immanence, l'homme transcendance. Autre poncif : &#171; ce n'est pas en donnant la vie, c'est en risquant sa vie que l'homme s'&#233;l&#232;ve au-&#173;dessus de l'animal ; c'est pourquoi dans l'humanit&#233; la sup&#233;riorit&#233; est accord&#233;e non au sexe qui engendre mais &#224; celui qui tue. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propos r&#233;sonnent &#233;trangement avec la conception qui domine encore notre civilisation et son id&#233;al de progr&#232;s humaniste : l'homme blanc serait le seul &#224; innover, &#224; se confronter aux &#233;v&#233;nements qui engendrent l'histoire, l'indig&#232;ne quant &#224; lui est un enfant qu'il faut prendre par la main pour le conduire jusqu'aux lumi&#232;res de la connaissance rationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&#171; Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entr&#233;
dans l'Histoire. Le paysan africain qui, depuis des mill&#233;naires, vit avec les
saisons, dont l'id&#233;al de vie est d'&#234;tre en harmonie avec la nature, ne conna&#238;t que l'&#233;ternel recommencement du temps rythm&#233; par la r&#233;p&#233;tition sans fin des m&#234;mes gestes et des m&#234;mes paroles. Dans cet imaginaire o&#249; tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'id&#233;e de progr&#232;s. &#187;
&lt;br /&gt;&#8212; Nicolas Sarkozy, 26 juillet 2007&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;escl&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'esclavage au n&#233;o&#173;colonialisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme l'indique Sa&#239;d Bouamama, sociologue et militant, les colonisations des XIX&#232; et XX&#232; si&#232;cles, l'industrialisation et le n&#233;o&#173;colonialisme actuel, se situe dans le prolongement de l'expansion europ&#233;enne des trois si&#232;cle pr&#233;c&#233;dents. Il est impossible de comprendre la situation actuelle et la construction de la sup&#233;riorit&#233; du blanc sans tenir compte de l'&#233;v&#233;nement majeur qu'a &#233;t&#233; la d&#233;couverte du continent am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conqu&#234;te des Am&#233;rique est marqu&#233;e par la destruction presque totale des civilisations am&#233;rindiennes. Entre 1500 et 1650 la population des Am&#233;riques a chut&#233; d'au moins 75 %, victimes du travail forc&#233;, des massacres, des famines, des &#233;pid&#233;mies&#8230; D&#232;s 1500, La France, avec le Portugal et l'Angleterre, a &#233;t&#233;, la premi&#232;re b&#233;n&#233;ficiaire de la traite de l'esclavage des Africains. Au total au moins 11 millions de personnes furent victimes de la traite europ&#233;enne. Si l'esclavage existait en Afrique, c'est bel et bien l'Europe qui a cr&#233;&#233; et organis&#233; la traite transatlantique et qui a &#233;tendu cette pratique barbare &#224; des r&#233;gions d'Afrique o&#249; elle &#233;tait absente.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2779 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L420xH345/les_ameriques-5657a.jpg?1694827190' width='420' height='345' alt='' title='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'esclavage est codifi&#233; sous le r&#232;gne de Louis XIV en 1685 par le code noir puis compl&#233;t&#233; en 1724 sous le r&#232;gne de Louis XV. Le code noir pr&#233;voit officiellement le fouet ou le marquage au fer, souvent sur le visage, pour des actes comme s'attrouper de jour comme de nuit et, en cas de tentative de fuite, prescrit qu'on leur coupe les oreilles, puis qu'on leur coupe le jarret en cas de premi&#232;re r&#233;cidive et, pour une seconde r&#233;cidive, qu'on les mette &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; achet&#233;s sur les c&#244;tes africaines, les captifs, li&#233;s deux par deux par des entraves sp&#233;cialement forg&#233;es qui leur enserrent le cou, sont transport&#233;s &#224; bord des navires n&#233;griers. Mis &#224; nu et ras&#233;s, entass&#233;s comme des marchandises, ils sont arrim&#233;s par des fers dans un entrep&#244;t. On estime que le taux de mortalit&#233; moyen pendant le chargement et la travers&#233;e est au moins de 10 &#224; 15 %, les r&#233;serves d'eau s'&#233;puisant r&#233;guli&#232;rement l'&#233;quipage est parfois oblig&#233; de sacrifier purement et simplement la &#171; marchandise &#187;. Nombre d'africains pr&#233;f&#232;rent se laisser mourir de faim que subir ces tortures, mais l'homme blanc a invent&#233; le speculum oris (ouvre-&#173;bouche), sorte d'entonnoir aux pointes dentel&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1765 Diderot &#233;crit &#171; Nous les avons r&#233;duits, je ne dis pas &#224; la condition
d'esclaves, mais &#224; celle de b&#234;tes de somme&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'esclavage devient probl&#233;matique c'est une nouvelle forme de
domination qui se met en place : la colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but est toujours le m&#234;me : exploiter le Sud au profit du Nord et pour cela, il faut exproprier des tribus de leur terre, transformer ce qui &#233;tait propri&#233;t&#233; collective en propri&#233;t&#233; individuelle. Avec les guerres des ind&#233;pendances, il fallait repenser cette domination et c'est ainsi que les &#233;lites occidentales ont mis en place le n&#233;o&#173;colonialisme qui est une ind&#233;pendance purement formelle puisque l'&#233;conomie, la d&#233;fense et les affaires &#233;trang&#232;res restent aux mains des pays du Nord. Pour donner un exemple, l'or du Mali est contr&#244;l&#233; par le tr&#233;sor fran&#231;ais, en 1990 la France d&#233;cide de d&#233;valuer le franc CFA ce qui entra&#238;ne une diminution du pouvoir d'achat de 50 %. Les gouvernements europ&#233;ens poussent les pays du Sud &#224; faire des cr&#233;dits puis, lorsque la dette est si importante qu'il est impossible de la rembourser, ils proposent un plan d'ajustement structurel : destruction du service public, lib&#233;ralisation du commerce, pillage des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;o&#173;colonialisme existe bel et bien &#224; l'heure actuel et refuser de parler de la colonisation et de l'esclavage c'est tout simplement refuser de comprendre l'origine de la domination &#233;conomique, politique et sociale que les pays riches exercent contre les pays du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;conc&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant la s&#233;dentarisation et l'agriculture, les Homo sapiens parcoururent, pendant plus de 200 000 ans, un vaste territoire. De ces 2000 si&#232;cles, il nous est &#224; l'heure actuelle impossible d'affirmer que les hommes y pratiquaient la guerre, les hi&#233;rarchisations, la division sexuelle du travail, ou une quelconque domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'id&#233;e du r&#244;le civilisateur de la France n'a pas seulement &#233;t&#233; un argument de propagande destin&#233; &#224; couvrir des int&#233;r&#234;ts et des pratiques cyniques, si il a aussi &#233;t&#233; un id&#233;al pour des humanistes croyant sinc&#232;rement aux vertus du progr&#232;s, il est plus que temps de comprendre les liens qui unissent ces trois figures : l'animal, la femme, l'indig&#232;ne. Pour certains arch&#233;ologues, la femme serait le premier animal domestiqu&#233; de l'homme : contr&#244;le de la reproduction, contr&#244;le de la sexualit&#233;, confinement dans l'espace domestique. L'analogie du p&#232;re de la psychanalyse est &#233;galement remarquable : &#171; les femmes, c'est le continent noir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine, le contr&#244;le des corps et de la reproduction sont encore une obsession d'une &#233;lite pr&#234;te &#224; tout pour r&#233;duire le monde en zoo et ses habitants en b&#234;te de somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;biblio&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie :&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Simone de Beauvoir, Le deuxi&#232;me sexe&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Gilles Manceron, Marianne et ses colonies&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Frantz Fanon, Les damn&#233;s de la terre&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Fran&#231;ois-Xavier Fauvelle, Des murs d'Augsbourg aux vitrines du Cap. Cinq si&#232;cles d'histoire du regard sur le corps des Khoisan&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[Chronique radio] Les repr&#233;sentations humaines au Pal&#233;olithique europ&#233;en</title>
		<link>https://vivreencomminges.org/Chronique-radio-Les-2772.html</link>
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		<dc:date>2018-03-13T14:27:51Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Les repr&#233;sentations f&#233;minines en ronde-bosse sont les repr&#233;sentations humaines du Pal&#233;olithique europ&#233;en les plus connues. Pourtant des repr&#233;sentations humaines, masculines et f&#233;minines, sont &#233;galement peintes, grav&#233;es, sculpt&#233;es sur les parois et abris-sous-roche. Sommaire : Repr&#233;sentations humaines masculines Associations humains et animaux Une ontologie animiste Bibliographie Si les plus anciennes repr&#233;sentations datent de l'Aurignacien (43000 - 29000 avant le pr&#233;sent), elles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://vivreencomminges.org/-Chroniques-d-Ana-.html" rel="directory"&gt;Chroniques d'Ana : arch&#233;ologie, litt&#233;rature&#8230;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les repr&#233;sentations f&#233;minines en ronde-bosse sont les repr&#233;sentations humaines du Pal&#233;olithique europ&#233;en les plus connues. Pourtant des repr&#233;sentations humaines, masculines et f&#233;minines, sont &#233;galement peintes, grav&#233;es, sculpt&#233;es sur les parois et abris-sous-roche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_2748 spip_document spip_documents spip_document_audio player&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-2748 &#034; data-id=&#034;6c78adc9ba116da4244dde1f8ef41f43&#034; src=&#034;IMG/mp3/vec_102_chronique_art_prehistorique.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire : &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;#masc&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Repr&#233;sentations humaines masculines&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#ass&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Associations humains et animaux&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#ont&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Une ontologie animiste&lt;/a&gt;
&lt;a href=&#034;#biblio&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si les plus anciennes repr&#233;sentations datent de l'Aurignacien (43000 - 29000 avant le pr&#233;sent), elles restent rares : repr&#233;sentation f&#233;minine peinte &#224; Chauvet, sexes isol&#233;s grav&#233;s dans la r&#233;gion des Eyzies. Aucune repr&#233;sentation masculine n'est identifiable. C'est au Magdal&#233;nien qu'un &#233;lan cr&#233;atif voit l'&#233;closion de formes nouvelles : la ronde-bosse se rar&#233;fie et l'image de la femme prend parfois la forme spectaculaire de bas-relief de grandeur naturelle au sein des habitats (Angles-sur-l'Anglin). C'est &#233;galement au Magdal&#233;nien qu'apparaissent les repr&#233;sentations f&#233;minines sch&#233;matiques qui se propagent &#224; travers l'Europe jusqu'en Ukraine, et les figures masculines. Ces derni&#232;res se d&#233;veloppent plus particuli&#232;rement dans les Pyr&#233;n&#233;es et en Aquitaine. C'est &#224; cette m&#234;me &#233;poque que les premiers portraits sont grav&#233;s et plus particuli&#232;rement dans le site de La Marche (Vienne). Dans les Pyr&#233;n&#233;es, les repr&#233;sentations masculines se hissent au m&#234;me niveau que les figurations f&#233;minines, ce qui constitue un cas unique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L188xH268/portraits_la_marche-2-4247b.jpg?1694827190' width='188' height='268' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2750 '&gt;&lt;strong&gt;Portraits de la grotte de la Marche (Vienne)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;51&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L496xH276/femmes_roc-au-sorcier-4-eceb1.jpg?1694827190' width='496' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2751 '&gt;&lt;strong&gt;Le Roc-aux-sorciers (Angles-sur-l'Anglin, Vienne)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Les tr&#232;s nombreuses repr&#233;sentations de corps humains au Pal&#233;olithique europ&#233;en sup&#233;rieur font &#233;merger cette expression de &#171; l'autre &#187; et de &#171; soi &#187;, cet autre qui peut &#234;tre humain, animal, r&#233;el, imaginaire ou fantasm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;masc&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Repr&#233;sentations humaines masculines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Les repr&#233;sentations humaines masculines se d&#233;clinent, comme les repr&#233;sentations f&#233;minines, en figures enti&#232;res et segment&#233;es. Les trois quart des figures masculines sont concentr&#233;es dans le grand Sud-Ouest de la France (Aquitaine, Poitou-Charentes, Quercy, Pyr&#233;n&#233;es) dans une tranche chronologique relativement courte correspondant au Magdal&#233;nien (17000 - 12000 avant le pr&#233;sent). L'Aquitaine semble &#234;tre le foyer &#224; partir duquel le motif se serait diffus&#233; vers le Nord (Poitou-Charentes) et plus particuli&#232;rement vers le Sud (Quercy, Pyr&#233;n&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les figures enti&#232;res, &#224; la fois simplifi&#233;es et d&#233;taill&#233;es, sont ithyphalliques et parfois macro-phalliques comme &#224; Laussel en Aquitaine, &#224; Altamira (Espagne) ou encore &#224; Foz-C&#244;a (Portugal). Les caract&#232;res sexuels de l'homme sont fortement mis en valeur, ce qui constitue un point commun avec les figurations f&#233;minines. En revanche, la pr&#233;sence des traits du visage les distinguent radicalement des figures f&#233;minines qui restent anonymes dans la grande majorit&#233; des cas. Les figures masculines sont &#233;galement figur&#233;es dans des attitudes diverses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH233/representation_masculine-43ae4.jpg?1694827190' width='500' height='233' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2752 '&gt;&lt;strong&gt;Figurations masculines d'Altamira, Foz-C&#244;a, Mas d'Azil, Laussel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Malgr&#233; le faible nombre de sexes masculins r&#233;pertori&#233;s, quelques convergences formelles entre sites peuvent &#234;tre observ&#233;es, tels que les trois b&#226;tons perc&#233;s d'Isturitz, de la grotte de la Madeleine et la Garenne, dont la forme g&#233;n&#233;rale est similaire. Un autre rapprochement entre l'Aquitaine et les Pyr&#233;n&#233;es est sugg&#233;r&#233; par les phallus grav&#233;s de La Madeleine et de la Vache. Ils sont d&#233;cor&#233;s d'incisions courtes similaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L478xH294/baton_perces2-d96f6.jpg?1694827190' width='478' height='294' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2753 '&gt;&lt;strong&gt;B&#226;tons per&#231;&#233;s de la Madeleine, Isturitz et la Garenne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Les t&#234;tes isol&#233;es sont tr&#232;s nombreuses au gisement de la Marche, elles sont absentes des p&#233;riodes pr&#233;c&#233;dents le Magdal&#233;nien et ces visages sont tr&#232;s r&#233;alistes. ce qui sugg&#232;re qu'au cours de cette p&#233;riode un changement significatif s'est op&#233;r&#233; dans le statut symbolique de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;ass&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Associations humains et animaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Dans le gisement de La Marche, la majorit&#233; des figures humaines sont d'un r&#233;alisme frappant mais elles voisinent avec d'autres figures au visage projet&#233; en avant. Certains visages sont ainsi bestialis&#233;s. On peut voir des visages &#224; nez allong&#233;, se transformant parfois en une sorte de bec d'oiseau (Isturitz dans les Pyr&#233;n&#233;es-Atlantique, la grotte de la Vache en Ari&#232;ge). Ce rapprochement avec l'oiseau est dans certains cas tr&#232;s troublant : il en est ainsi des repr&#233;sentations de hiboux qui se confondent avec des visages humains (Marsoulas, Haute-Garonne). La m&#226;choire est &#233;galement exag&#233;r&#233;e dans certains cas : &#224; B&#233;deilhac et Enl&#232;ne en Ari&#232;ge, &#224; Rouffignac en Charente-Maritime). L'existence de figures masculines animalis&#233;es et l'absence apparente de ce caract&#232;re pour les figures f&#233;minines, pourrait traduire une volont&#233; de rapprocher l'&#233;l&#233;ment masculin au monde animal.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L471xH300/tetes_bestialisees-28827.jpg?1694827190' width='471' height='300' alt='Portraits animalis&#233;s' title='Portraits animalis&#233;s' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; D'autres figures sont composites, constitu&#233;es de parties anatomiques humaines et animales et sont majoritairement sur support pari&#233;tal. Certaines poss&#232;dent des &#233;l&#233;ments anatomiques relatifs au bison (Les Trois-fr&#232;res dans les Pyr&#233;n&#233;es, la grotte du Gabillou en Aquitaine). L'&#234;tre composite d'Altamira et celui de la sc&#232;ne du puits de Lascaux poss&#232;dent tout deux une t&#234;te d'oiseau. Ces similitudes sont troublantes car elles concernent des sites &#233;loign&#233;s et non contemporain. L'exemple le plus abouti d'int&#233;gration de composantes animales multiples est le dieu cornu des Trois fr&#232;res : il porte des bois de renne sur le cr&#226;ne, poss&#232;de un sexe avec les bourses apparentes qui pourrait &#234;tre celui d'un f&#233;lin et une longue queue qui &#233;voque le cheval ou le renard. Une des caract&#233;ristiques formelles de ces figures composites est leur apparente animation et leur int&#233;gration dans des compositions plus ou moins complexes. Les figures composites sexu&#233;es sont majoritairement magdal&#233;niennes, mais leur origine est certainement bien ant&#233;rieure comme en atteste l'&#171; homme-lion &#187; de Hohlenstein-Stadel (Allemagne) trouv&#233; dans un contexte aurignacien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2755 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L421xH598/composites-ba55b.jpg?1694827190' width='421' height='598' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2755 '&gt;&lt;strong&gt;Les repr&#233;sentations composites
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Dans l'art pari&#233;tal comme dans l'art mobilier, pour les figures enti&#232;res comme pour les sexes isol&#233;s, les repr&#233;sentations f&#233;minines ont tendance &#224; s'associer entre elles ce qui constitue un point de divergence avec les repr&#233;sentations masculines. Si les repr&#233;sentations f&#233;minines sont souvent multipli&#233;es, les repr&#233;sentations masculines sont rarement figur&#233;es en groupe. Il faut signaler l'absence d'association homme/homme ou sexe masculin/sexe masculin. Une autre divergence entre les deux sexes r&#233;side dans l'attitude. Les hommes sont anim&#233;s et int&#232;grent des sc&#232;nes narratives en relation &#233;troite avec des figures animales, alors que les femmes apparaissent plus st&#233;r&#233;otyp&#233;s et contraintes &#224; un mod&#232;le associatif unique et d'apparence rigide. Pour autant des associations de femme/bison dans les supports pari&#233;taux, et des associations femme/cheval dans l'art mobilier sont significatives. De m&#234;me, le th&#232;me animalier le plus fr&#233;quemment associ&#233; aux sexes f&#233;minins isol&#233;s est le cheval. Des exemples explicites tel que la pi&#232;ce remarquable dite &#171; la Poursuite amoureuse &#187; d'Isturitz, &#171; la Femme au Renne &#187; de Laugerie-Basse, permettent de consid&#233;rer la femme comme &#233;troitement li&#233;e au cheval et au bison dans les croyances du Pal&#233;olithique sup&#233;rieur, m&#234;me si nous ignorons la nature de ce lien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH155/28-10la-pursuite-amoureuse-isturitz-99c9b.jpg?1694827190' width='500' height='155' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2756 '&gt;&lt;strong&gt;La poursuite amoureuse, Isturitz, Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH314/femme_sous_renne5-8b983.jpg?1694827190' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2757 '&gt;&lt;strong&gt;Femme au renne, Laugerie-Basse, Dordogne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Si les &#234;tres composites concernent les repr&#233;sentations masculines, l'association figure masculine/figure animale est rare. Lorsqu'il y a association avec le cheval ou le bison, les repr&#233;sentations masculines prennent une valeur narrative, ce qui n' a pas &#233;t&#233; observ&#233; dans le cas des repr&#233;sentations f&#233;minines. Contrairement au figures f&#233;minines, les repr&#233;sentations masculines int&#232;grent des compositions plus ou moins dynamiques et narratives. Enfin, les associations homme/femme sont extr&#234;mement rare bien que certaines ronde-bosse puissent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme des repr&#233;sentations de phallus-femme (Tursac, Angles sur l'Anglins, Milandes).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L436xH292/milandese-d1a86.jpg?1694827190' width='436' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2758 '&gt;&lt;strong&gt;V&#233;nus de Milandes, Dordogne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Malgr&#233; ces diff&#233;rences, les humains sexu&#233;s ont en commun un caract&#232;re ostentatoire, ils sont souvent mis en sc&#232;ne et bien qu'occupant une place relativement modeste dans l'iconographie du Pal&#233;olithique sup&#233;rieur, ils jouent un r&#244;le important dans la structuration des dispositifs pari&#233;taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;ont&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une ontologie animiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Une &#233;tude r&#233;cente a &#233;t&#233; men&#233;e par Cl&#233;ment Birouste. Il s'est appuy&#233; sur les diff&#233;rentes ontologies d&#233;finies par P. Descola pour envisager l'art pr&#233;historique, et plus particuli&#232;rement celui des Pyr&#233;n&#233;es, comme appartenant &#224; une ontologie animiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Descola observe que les dualismes nature/culture et corps/esprit qui caract&#233;risent notre soci&#233;t&#233; n'existent pas pour de nombreux autres peuples et identifie quatre ontologies principales selon le mode d'organisation, continuit&#233; ou discontinuit&#233;, entre les humains et les autres existants. La vision du monde des occidentaux modernes (depuis Bacon, Galil&#233;e et Descartes, XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle) est fortement d&#233;termin&#233;e par l'ontologie naturaliste. Cette derni&#232;re envisage une continuit&#233; entre humains et non-humains par les lois physiques universelles qui dominent le monde mat&#233;riel tandis que la distinction culture/nature, &#233;cho &#224; la distinction mise en place par Descartes entre corps et esprit, stipule que seuls les hommes ont une &#226;me. L'animisme, ontologie dominante chez les peuples am&#233;rindiens, envisage le monde diff&#233;remment : les &#234;tres vivants (animaux, plantes, humains et certains objets) ont une &#226;me capable de discernement rationnel et de jugement moral et le corps n'est qu'une enveloppe recouvrant des int&#233;riorit&#233;s similaires. La plupart des existants sont r&#233;put&#233;s s'organiser selon des modalit&#233;s analogues &#224; celles des humains : ils ont leur maison, leurs chefs, leurs chamans etc. et la communication entre humain et non humain est possible par le r&#234;ve. Le tot&#233;misme, ontologie des aborig&#232;nes australiens, ignore quant &#224; lui les discontinuit&#233;s entre humains et non-humains tant sur le plan moral que physique. Les classes nomm&#233;es s'identifient &#224; un totem, un &#234;tre qui v&#233;cut sur la terre &#171; au temps du r&#234;ve &#187;. Les membres humains et non-humains d'une m&#234;me classe partagent un ensemble de qualit&#233;s. Enfin, l'analogisme, ontologie dominante chez les Hopi mais aussi dans la cosmologie m&#233;di&#233;vale et la Chine ancienne, fractionne et individualise les &#234;tres et les choses. &#192; partir de ces quatre ontologies Descola tente d'identifier les modes de repr&#233;sentation qu'elles imposent &#224; une &#171; agr&#233;gation collective &#187;. Avec le naturalisme l'int&#233;riorit&#233; humaine s'effiloche pour devenir une fonction des dimensions physiques tandis que pour l'animisme l'int&#233;riorit&#233; de type humain, commune &#224; tous les &#234;tres, se r&#233;v&#232;le lorsque le masque s'ouvre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L250xH327/naturalisme-ebb43.jpg?1694827190' width='250' height='327' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2759 '&gt;&lt;strong&gt;Repr&#233;sentation naturaliste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L353xH448/animiste-049b5.jpg?1694827190' width='353' height='448' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2760 '&gt;&lt;strong&gt;Repr&#233;sentation animiste
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Le tot&#233;misme quant &#224; lui montre le prototype, sans fond, sans environnement, sans action, d'une classe donn&#233;e. C'est un mod&#232;le qui est repr&#233;sent&#233; par ses organes internes et son squelette pour passer la barri&#232;re de l'apparence. Certaines repr&#233;sentations montrent l'effet dans le paysage de ces &#234;tres tot&#233;miques, l'itin&#233;raire de ces personnages lorsqu'ils ont ordonn&#233; et fa&#231;onn&#233; le paysage.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L496xH380/totemique-72c08.jpg?1694827190' width='496' height='380' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2761 '&gt;&lt;strong&gt;Repr&#233;sentation tot&#233;mique
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Enfin, l'analogisme repr&#233;sente essentiellement des chim&#232;res qui sont une combinaison d'attributions diverses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://vivreencomminges.org/local/cache-vignettes/L500xH381/analogique-ed906.jpg?1694827190' width='500' height='381' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-2762 '&gt;&lt;strong&gt;Repr&#233;sentation analogie
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;	D'autre part, l'analyse de Descola r&#233;v&#232;le que dans de nombreuses soci&#233;t&#233;s les cat&#233;gories &#171; animal &#187; et &#171; humain &#187; n'existent pas. L'observation de ces diff&#233;rences s'int&#232;gre aux recherches anthropologiques et sociologiques actuelles qui tentent d'appr&#233;hender la diversit&#233; des modes d'existence humaine. Ainsi, certains auteurs envisagent la culture comme naturelle tandis que la connaissance de la nature, toujours imparfaite, est construite et limit&#233;e par les corps qui l'&#233;prouvent
et l'environnement qu'ils &#233;laborent. Fortement influenc&#233;s par la philosophie de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_North_Whitehead&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Whitehead&lt;/a&gt; et le concept des &#171; plurivers &#187; de &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/William_James&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;W. James&lt;/a&gt;, les tenants du perspectivisme et du multinaturalisme tendent &#224; concilier connaissance empirique et scientifique en accordant une part importante &#224; la subjectivit&#233; collective mais aussi individuelle dans notre interpr&#233;tation du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si les images ont toutes un effet, une sorte d'autonomie, une capacit&#233; d'action,
d'intentionnalit&#233;, celles de la Pr&#233;histoire, dont les raisons d'&#234;tre nous sont
inconnues, sont comme l'&#233;cho lointain d'un hymne devenu requiem. &#192; l'heure o&#249; le devenir de la Terre risque d'&#234;tre celui d'une m&#233;gapole, o&#249; quelques espaces seraient consacr&#233;s &#224; quelques animaux observables pour notre plaisir, elles inspirent l'art contemporain et voyagent dans les Mus&#233;es. L'impossibilit&#233; de les classer dans le discours traditionnel de l'Histoire de l'Art leur permettront peut-&#234;tre d'&#233;chapper au processus d'analyse cart&#233;sien pour participer &#224; la construction d'une ontologie postnaturaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a id=&#034;biblio&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie :&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Rapha&#235;lle Bourrillon, Les repr&#233;sentations humaines sexu&#233;es dans l'art du Pal&#233;olithique sup&#233;rieur europ&#233;en : diversit&#233;, r&#233;miniscences et permanences, th&#232;se de doctorat, 2009.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Cl&#233;ment Birouste, Le Magdal&#233;nien apr&#232;s la Nature, une &#233;tude des relations entre humains et animaux durant le Magdal&#233;nien moyen, 2018&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Philippe Descola, Par-del&#224; nature et culture, 2001&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Philippe Descola, La fabrique des images, visions du monde et formes de la repr&#233;sentation, 2010&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Edouardo Viveiros de Castro, M&#233;taphysiques cannibales, 2009&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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