Maïs et ruches contaminés par du maïs OGM dans le Sud-Ouest

mercredi 30 août 2006

Article de l’Agence de Presse Reuters - BORDEAUX - Mercredi 30 août 2006


Une expérience menée dans le
Lot-et-Garonne par un groupement de développement de
l’agriculture biologique démontrerait que trois parcelles de
maïs non-OGM et trois ruches ont été
"contaminées" en 2006 par des maïs transgéniques
d’un champ voisin.

"Tous les échantillons de maïs
analysés démontrent que l’ensemble des trois parcelles
étudiées est contaminé avec présence
certifiée d’OGM", indique l’étude dont les
résultats ont été présentées
mercredi à la Chambre d’agriculture d’Agen.

Sur les trois
parcelles concernées, le taux de contamination est de 0,3% d’ADN
pour la plus proche, située à 15 mètres de la
"source OGM", et de 0,1% d’ADN pour celle située à 95
mètres du champ transgénique. Pour la troisième,
à 305 mètres, les OGM sont "détectables mais non
quantifiables".

Quant aux trois ruches, le pollen de maïs
analysé fait apparaître des taux de contamination autour
de 40% dans celle située à 400 mètres et entre 40
et 50% pour celle implantée à 1.200 mètres. La
teneur en ADN transgénique est détectée mais non
quantifiable à 1.500 mètres.

C’est dans le village
de Grézet-Cavagnan, près de Tonneins, dans le nord-ouest
du Lot-et-Garonne, que l’expérience a été
menée sous l’égide du collectif "Aquitaine avenir sans
OGM", grâce à un dossier technique élaboré
par la structure agricole Civam Agrobio 47, à laquelle se sont
associés la Confédération paysanne, le
Comité vigilance OGM 47, les professionnels apicoles et le
Réseau semences paysannes.

La décision a
été prise en mars 2006 de mener cette étude autour
d’un champ de maïs OGM où l’exploitant avait cultivé
sept hectares de maïs OGM dans le plus grand secret en 2005 avant
d’annoncer publiquement son intention d’implanter 100 hectares de
maïs transgénique.

Les réalisateurs de cette
expérience ont veillé à respecter la
diversité du maïs mis en culture dans la région en
semant un mélange le 4 mai sur trois parcelles mises à
leur disposition par des agriculteurs.

LE RÔLE DES ABEILLES


Au moment de la floraison, entre le 6 et le 16 juillet, les "maïs
paysans au même stade que le maïs OGM ont été
identifiés". Puis des prélèvements ont
été effectués par la suite à fin
d’analyses, l’ensemble des opérations s’effectuant sous le
contrôle d’un huissier.

Une procédure identique a
été utilisée pour l’implantation des neuf ruches
réparties sur trois sites distants de 400, 1.200 et 1.500
mètres du champ OGM.

L’étude indique que
"l’ensemble des échantillons prélevés : pollen sur
ruches et maïs sur parcelles, ont été mis sous
sachets scellés" avant d’être envoyés au
laboratoire Atlangène, à Saint-Herblain, dans la
Loire-Atlantique.

"Cette étude confirme de manière
scientifique que dans un rayon de 300 mètres, les plantes ne
sont pas exemptes de contamination. Elle prouve aussi que contrairement
à ce que disent les pro-OGM, les abeilles vont bien sur les
fleurs de maïs et dès lors peuvent transporter fort loin la
pollution OGM", a dit à Reuters Bernard Péré,
vice-président du Civam Agrobio 47.

Pour lui, "cela
prouve la cohabitation entre les plantes OGM et les cultures
biologiques ou sous labels qui répondent à des cahiers
des charges contraignants".

Bernard Péré estime
également que cette étude est un outil qui peut permettre
d’engager des poursuites judiciaires notamment contre l’Etat qui
n’encadre pas les cultures OGM.


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